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separated by a thousand dreams (♥♥)

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2016-08-13, 12:23
Une semaine.
Deux semaines.
Trois semaines.
Le temps passe, et son silence t'inquiète. Sans qu'il ne soit pour autant synonyme d'étonnement de ta part.
Tu as déjà compris, d'une certaine façon. Qu'il ne reviendra pas vers toi, cette fois. Tu l'as compris dès ce moment où tu t'es rendu compte de ce qu'il représentait à tes yeux, alors qu'il se serrait dans tes bras. Tu as remarqué que quelque chose s'est brisé en lui - tu ne sais pas quand exactement. Un jour. Dans un passé auquel tu n'appartiens pas. Peut-être attendait-il quelque chose de toi, ce jour-là. Quelque chose que tu n'as pas été en mesure de lui donner.
Tu es humain, Côme - c'est normal.
Malgré tout, tu aurais aimé pouvoir lui venir en aide.
Pendant tout ce temps, tu n'es plus que l'ombre de toi-même. Tu réussis moins bien tes coups, tu manques presque de te faire prendre. Tu dois gérer le problème Ilsung, également. Ce sale égoïste t'en fait voir de toutes les couleurs au moment où tu as le moins envie de te confronter à lui. Cela t'agace tellement. Comme si tu perdais progressivement pied, que tu ne savais plus comment gérer ta vie comme tu l'as toujours fait. Elle te paraît un peu vaine. Un peu comme si subitement, tu comprenais que tu avais eu tort depuis le départ. Un constat fort déprimant.
Tu sais que cette fois, c'est à toi d'agir.
Le problème ? tu ne sais presque rien de lui.

Tu ne sais pas où il habite, tu ne sais pas quels lieux il fréquente, tu ne sais pas qui sont ses amis.
Le seul indice que tu aies, c'est son métier - messager au Valhalla. Un indice bien faible. Tu pourrais demander de l'aide à tes pairs, mais tu ne vois pas comment tu parviendrais à le justifier. Qui plus est, contracter une dette vis-à-vis d'une personne influente n'est jamais une bonne idée. Pour Alex, tu le ferais - mais en dernier recours. Il existe pour toi une autre solution, une façon de procéder qui pourrait te permettre d'en savoir un peu plus sur lui. Avec plus d'informations, tu devrais être en mesure de te débrouiller seul, ou d'embaucher un détective privé (mais si tu peux éviter de payer trop vite...).
Le quartier Nord ne t'avait absolument pas manqué. La dernière fois que tu t'y es rendu, tu t'es fait harponné par un médecin un peu tordu qui t'a forcé à l'assister dans une opération d'extraction d'organes. Tu avais aussi prouvé que tu n'étais pas quelqu'un de particulièrement empathique, que tu avais une capacité à ignorer ce qui se trame sous tes yeux étonnante, et que tu ne fais pas grand cas du travail des autres. Assurément un souvenir que tu préfères ignorer.
Comme toujours, la grisaille ambiante menace d'envahir - mais cette fois, tu tiens bon. Tu veux vraiment le retrouver, et si pour cela, tu dois rappeler que tu n'es qu'un vulgaire membre de gang, eh bien, tu le feras. Tes pas te conduisent à proximité du quartier général, un des chemins que tu connais le mieux ici. Avec ton inévitable costume et tes airs arrogants, tout le monde te remarque ; et tu ne t'en soucies pas, à force, ils finiront bien par s'y habituer.
Ce à quoi tu ne t'attendais pas du tout, c'est de rencontrer une silhouette familière une rue avant.
Ton cœur fait un bond dans ta poitrine à cette idée.
Il est là.
« Alex. » Tu l'appelles, tu cours presque vers lui ; et pour la première fois depuis des jours, un sourire illumine ton pâle visage. Oh, Côme, comme tu es accro ; le voir quelques secondes t'emplit d'une euphorie si intense qu'il te semble avoir cessé de vivre, ces derniers temps. « Comment vas-tu ? Que faisais-tu pendant tout ce temps ? » L'inquiétude transparaît dans ta voix, mais tu ne t'en soucies pas.  Est-ce un crime, d'avoir été préoccupé par son sort ?
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IS IT TOO LATE NOW TO SAY SORRY ?
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2016-08-13, 20:05



ft. côme
&
one step away // one breath away
Somnifère court.
Il a les jambes qui dévalent des kilomètres parce qu'il a toujours cette haine de ce qui lui confisque sa liberté avec des sourires et des avantages qu'on crie haut et fort, mais aussi parce qu'il pense trop et que quand il court -oh, quand il court.
Il ne voit plus que des couleurs -le vert des arbres, le pâle rosé des peaux, le noir de ses tatouages, le bleu clair de ses nouveaux cheveux, le jaune de ses basket, l'arc-en-ciel des gens les croisement les vibrations quand il assomme le macadam qui lui flouent la vue qui mélangent le monde ; oh, quand il court.
Il ne sent plus rien au bout des doigts si ce n'est le sang qui pulse et qui lui dit qu'il est encore là, il a les dents qui claquent quand il ne contracte pas ses mâchoires et alors il tend tous ses muscles et il fonce il court il file comme il le peut ; oh, quand il court. Il n'en reste pas moins humain -il aurait bien aimé être une étoile filante, porter les vœux des gens sur ses épaules, les connaître par leurs mots adressés à lui mais il aurait eu trop peur de mal faire.
Alors quand il court, il ne pense plus.
Somnifère n'est pas du genre à trop réfléchir, non. Il pense trop.
C'est un défaut comme un autre ; de ceux qu'on ne voit pas mais qui ronge et qui, dès qu'on s'en rend compte, devient obsessionnel. Et il le savait. Somnifère -pas Alex, parce qu'Alex essayait de ne pas trop y penser et de tout laisser tomber, d'exister sans vivre et de respirer sans sentir et de manger sans apprécier et de s'unir sans plaisir. Il voulait se désensibiliser. Ne plus rien éprouver -il s'était dit que, peut-être, il valait mieux tout chasser que trop se détester.
Alors il court. Il va d'un point A à un point B et ça ne demande pas d'effort, ça ne demande pas à ce qu'il pense.
Jusqu'à ce qu'on l'appelle -c'est un peu pressé, la fin sonne comme une hache qui fissure un morceau de bois et il en oublierait presque le a si doux et si fort en même temps mais- personne ne l'appelle Alex quand il court. Ce n'est pas son nom quand les basket rappent l'asphalte et ce n'est pas son nom quand la sueur teinte ses vêtements, ce n'est pas son nom et ça ne l'est plus depuis qu'il en a décidé ainsi (oh, vraiment ?)
Il s'arrête, tourne la tête. Il le savait déjà mais voir ces chaussures cirées ce costume impeccable cette cravate juste assez serrée ces cheveux corbeaux ces yeux ambres un peu trop foncés pour sa peau trop blanche ce -Côme.
Et il s'approche, à grand pas, sa prestance qui ressurgit et ses manières inassouvies ; il pose des questions et oh, Somnifère, il saurait répondre à son négatif. Que ne faisais-tu pas pendant tout ce temps ? Penser penser penser ; il n'a pas tout trié il n'a pas voulu il n'a pas pu alors il est un peu désemparé, Somnifère, il n'a pas décidé comment il allait réagir alors il a cet air un peu interdit et cette voix un peu enrouée de ceux qui n'ont pas parlé de la journée -presque endormi, Somnifère. Mis en veille, dans une boîte, envoyée loin pour n'être que de passage. Oh, Côme, dans les rues on m'appelle Somnifère. Ce n'est pas dit méchamment et ça ne l'est certainement pas mais il essaie de gagner du temps, Alex, il essaie d'organiser ses pensées mais ça fait tellement longtemps qu'il ne sait plus comment faire pour ne plus couler. Hé bien je- le boulot, ça prend du temps, ahaha- Rire coupé par le malaise qu'il sait déjà qu'il va causer -il ne se sent pas mal à cause de lui, pas à cause de Côme, mais comment pourrait-il le savoir ? Et toi ? Qu'est-ce qu'il t'es arrivé de palpitant, depuis ? Parce qu'elle est comme ça, la vie de Côme. Remplie.
Et lui -il a l'air si vide, Alex, avec son nom qui ressemble à des silex qui se frottent. Le début d'une incendie, peut-être.




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-08-19, 18:31
Tu es sans doute le seul des deux à avoir oscillé dans un état de transe pendant tout ce temps, la tête plein de pensées de lui et de ce qu'il peut devenir. Tu t'es demandé si tu le reverrais sourire un jour ; tu avais l'impression de le voir anéanti, et si tu te doutais qu'il se relèverait, ce n'est qu'en posant les yeux sur lui que tu comprends qu'il a vraiment réussi à se reprendre. Oui, il a toujours la peau pâle - mais pas tout à fait cette clarté opaline qui est la tienne, son teint t'a toujours paru un peu malade. Tu voudrais le prendre dans tes bras pour t'assurer que tout va bien.
Mais tu te retiens - tu as cette dignité qui, peut-être, l'empêche d'approcher.
Tu ne saurais te résoudre à l'appeler Somnifère, ce nom ne lui va pas ; il porte tout le poids de sa culpabilité en trois syllables, insupportable aveu d'un crime qu'il n'a pas commis. Pour toi, il ne peut pas porter un surnom qui le rend responsable de ses propres malheurs.
Tu secoues la tête.
« Rien en particulier. L'habituelle routine. Trop de boulot, moi aussi. »
Tu n'as pas l'air très enthousiaste, preuve que tu trouves ça parfois un peu assommant. Pourtant tu aimes ce que tu fais : c'est probablement dans ton sang, les affaires sont plus qu'un simple moyen, elles sont une passion. C'est pourquoi tu ne comprends pas pourquoi tes parents ont lâché. Cela dit, ta malhonnêteté peut parfois te déranger ; tu aimes tromper, mais une part de toi s'en veut un peu - une part qui pense à Alex, à tout ce que tu aurais pu lui faire. (Les occasions manquées te font peur ; si tu n'avais pas tenté d'agir différemment, de laisser tes préjugés de côté, tu n'aurais jamais découvert la saveur des sentiments naissants.)
« Tu es occupé, là ? »
Des fois, il est occupé Alex, mais il a du temps à te consacrer. Mais tu te doutes bien que ce n'est pas le cas la plupart du temps. Plus que jamais, tu crains un refus qui sonnerait comme un rejet définitif de sa part. Tu ne veux pas lui montrer à quel point tu es désespéré, à quel point tu as besoin de lui en cet instant - ça te paraît un peu bizarre, d'expliquer à quelqu'un que tu n'as vu que quelques fois que tu te sens amoureux.
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IS IT TOO LATE NOW TO SAY SORRY ?
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2016-08-22, 15:20



ft. côme
&
i will be
Somnifère a toujours l'air d'aller bien.
Ça doit être un de ces défauts qu'on ne voit jamais, une de ces choses qui étreignent le cœur qui étrangle l'âme -c'est quand on se force à être optimiste que les erreurs ont les plus grandes silhouettes. Elles s'allongent, terribles, et attendent -ce n'est jamais très long-, attendent qu'au final on s'étouffe tout seul, leurs corps trop fins tout autour du cou, infiltrés dans nos poumons dans nos trachées dans nos pharynx et nos œsophages. Il les a partout autour de sa tête, Somnifère, mais c'est comme s'il vivait en apnée avec de quoi survivre juste quand il sourit -et tout à l'air si léger, qu'on l'accuserait presque d'être trop enjoué.
(on ne s'en rend que rarement compte, quand c'est surjoué)
Tu sais, Côme, Somnifère aime les mondanités. Dire que tout va bien quand on n'y croit pas, ça rend la chose plus réelle, comme si c'était presque vrai et ah, c'est tout ce qu'il demande, Alex. Il te sourit quand tu réponds, planté sur des jambes trop longues et trop maigres et trop musclées en même temps, une silhouette filiforme entre une aiguille de glace et une griffe de chat -oh, il n'est pas créature sauvage, pourtant. Il est né dans la glace mais s'est fait dompté par les rues.
Il y a du silence et ça ne le dérange pas, même s'il a l'air pesant. Il porte des choses bien plus lourdes pour que si peu l'atteigne, en ce moment.
Un truc à livrer au gang du nord, ouais. Et pourtant il ne bouge pas, Somnifère, il est comme une statue surréaliste -ces cheveux bleus et ses yeux clairs, sa peau diaphane et ses habits noirs ; pas un ange, mais peut-être une sirène. Une nymphe, ou un Charon aveuglé par la lumière du soleil. Toi ? C'est les affaires qui t'amènent par ici ? C'est pas comme si je m'attendais à tomber sur toi à Akhorra. Oh, il l'a déjà dit -il ment et il triche, Côme, mais ce n'est pas quelque chose auquel Alex fait attention, non. Il souffre déjà de tant de mensonges -un de plus ou un de moins, quelle différence.




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-08-23, 11:12
Tu regrettes déjà d'avoir posé ta question telle que tu l'as posée. Bien sûr qu'il est occupé, sinon il ne serait pas là ; c'est la logique même. Cependant, ton envie de passer du temps avec lui est inchangée ; tu trouves cela un peu absurde, d'avoir envie de rester avec quelqu'un, car cela ne t'est jamais arrivé avant. Tu n'étais pas très intéressé par rester avec tes parents parce que tu les aimais, mais parce qu'ils constituaient un bon modèle à imiter. Tu as déjà eu des copines, mais leur compagnie ne te faisait jamais vraiment envie, elle était simplement obligatoire. Et ne parlons pas des amis... la pensée d'Ilsung jaillit dans ton esprit, et tu te retiens de rire. Jamais tu ne seras ami avec un tel type, voyons. Bref, tout cela te paraît fort étrange. Mais tu as l'intuition que tu n'es pas transparent aux yeux d'Alex. Tu as l'impression qu'il ne te voit qu'en partie, des fois.
Tu te demandes si tu dois lui avouer la vérité. Lui mentir te paraît cependant hors de question. Tu le fais avec tout le monde, mais tu ne veux pas le faire avec lui. C'est mal, c'est même pire - ce serait entrer en contradiction avec la place que tu lui donnes. Tout au juste peux-tu omettre quelques détails gênants - comme le fait que tu le cherchais, lui.
« J'allais au même endroit. Je voulais obtenir une information. Mais je crois que je n'en ai plus besoin. »
Libre à lui d'imaginer ce qu'il veut ; de toute façon, tu es persuadé qu'il va relier à tes affaires ou quelque chose dans le genre. Tu devrais te taire en cet instant ; toutefois, tu sens qu'il y a quelque chose qu'il ne sait pas et que tu aimerais qu'il sache. Il ne t'associe pas à Akhorra ; c'est normal ; tu voudrais cependant qu'il comprenne que, quand bien même tu détestes ce quartier, tu lui dois quand même quelque chose.
« Quand ma famille a tout perdu, tu sais, j'ai passé beaucoup de temps ici. Le gang a essayé de m'aider. Enfin, il m'aura aidé moins qu'il ne le voudrait, ça reste des prolétaires après tout. »
Tu devrais rire en cet instant, mais la pensée d'Alex à tes côtés te stoppe net. Tu aurais l'impression de te rire de lui, parce qu'il n'est pas beaucoup plus riche que les malheureux du gang et que tu te moques de leur manque d'argent. Cela dit, tu sais qu'ils en ont aussi, plus qu'ils ne veulent bien l'admettre. Tu as bien vu Zephyr et ses activités lucratives : pas ta tasse de thé, car c'est trop dégradant pour toi, le trafic d'organes - tu dis cela alors que tu ne pensais qu'à l'argent quand tu as accepté de l'assister, mais passons -, mais ça rapporte bien. Est-ce que tu y peux quelque chose si le quartier est pauvre et que bon nombre - dont toi, n'oublions pas - se sont jetés dans les bras du gang pour échapper à la misère ? Ris, Côme ; au fond, tu ne vaux pas meux qu'eux.
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2016-08-29, 12:40



ft. côme
&
on s'était dit des choses
Il a toujours quelque chose à faire, Somnifère. Une course une chasse une fuite un traquenard, un message un sourire une griffe une gifle -il ne sait pas s'arrêter. Ou plutôt, il sait qu'il doit continuer ; c'est une personne d'action, Somnifère, il ne peut se stopper que pour se morfondre et oh, il sait que ce n'est pas conseillé pas encouragé pas très sain ni malin.
Il sait très bien se plaindre avec sa tête entre ses deux mains.
Il sait aussi écouter mais jamais trop, jamais assez ; il comprend sans comprendre, avec son cœur qui bat un peu plus vite mais sa tête qui oublie -il ne fonctionne pas très bien, Somnifère, il n'a jamais su mettre des mots et oh, les mots c'est quelque chose de compliqué, de toutes manière, c'est quelque chose de critiqué et il doit être le premier à se faire désarçonner. Il ne comprend pas, Somnifère, quand tu parles. Il pense que, peut-être, il était trop tard maintenant, que tu n'en as plus besoin, que ça n'importe que peu, au final ; il a tord sans avoir tord, raison mais pas tout à fait et au fond, ça doit sûrement bien le résumer.
Il a le regard qui dévie quand tu parles de ta famille. Il n'y a jamais pensé, tu sais : t'es le genre de gars qui donne l'impression de toujours avoir été là, jamais plus jeune et jamais plus vieux, venu sur terre comme il est et qui ne repartira jamais -on ne sait pas si c'est un cadeau ou non ; t'es le genre de gars à qui on n'imagine pas de mère ni de père ni de frère, et peut-être n'est-ce pas totalement faux -le rejet n'était pas ce qu'il avait imaginé, pour sûr, mais quelle importance. T'as ce visage blanc -presque comme les nouveaux nés, tu comprends ? Et il ne connaît pas ton nom de famille il n'y voit aucun écho quand il l'entend, mais quand toi tu parles -ah, quand toi tu parles, c'est le reste qui se fait plus silencieux. C'est difficile à expliquer, sûrement, mais le bleu de ces yeux n'a jamais été aussi neutre. Pfff, toi alors. Ah, il faut croire que la vermine attire la vermine.
C'est une surprise comme ça n'en est pas une ; tout est en demie-teinte il faut croire. Tu sais, Côme, t'as la prestance d'un immortel mais aussi d'un immoral, de ceux qui n'hésites pas et qui font tout ce qu'ils peuvent -ils ont peut-être essayé de t'aider, mais Somnifère sait que tu ne leur as pas renvoyé la pareille. C'est les affaires, sûrement, mais qu'importe -puisqu'ils ne sont que prolétaires, n'est-ce pas ? Et tu les remercies par ta présence ? C'est une question qui appelle un non et il le sait, c'est une question qui va faire toucher le fond de tes interrogations -c'est une question qui en cache une autre, une question qui dit est-ce que t'es pourri une question qui dit est-ce que tu m'a compris ou encore est-ce que tu es encore conquistador - de ceux qui pillent qui se dégoupillent qui maquillent de nouvelles bastilles.




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-09-03, 16:22
Tu ne prends probablement pas assez conscience de la personne à qui tu parles. Qu'en a-t-il à faire, de tes propres problèmes, Alex ? Ce n'est pas que tu le considères de façon déshumanisée, pensant qu'il n'a aucune raison de s'en soucier ; mais bien plutôt que tu ne vois pas pourquoi il s'intéresserait à ta petite vie. Il doit sans doute penser que celle-ci a quelque chose d'idéal : tu es là, toujours aussi fort, le regard empli d'assurance et le mépris courant sur ta langue. Tu as tout ce que tu veux, mais tout le monde ne pourrait pas en faire autant : c'est parce que tu as connu l'abondance que tu sais où la chercher, que tu la courtises avec expertise. Tu doutes qu'Alex serait capable d'en faire autant que toi - et ce n'est pas plus mal, car il y a tant de choses que toi, tu ne sais pas faire. Cela vous permet de vous compléter. Toutefois, cela ne change rien au fait qu'il n'y a rien de tragique dans ton existence, et que la sienne l'est bien plus.
Malgré tout, il semble amusé, mais de cet amusement léger que l'on éprouve lorsqu'on découvre quelque chose que l'on ne soupçonnait pas. Ce ne sera jamais un vrai rire, non ; c'est un simple constat que l'on trouve divertissant. Tu sais que l'on peut retrousser ses lèvres lorsque quelque chose est drôle, il n'est nul besoin de rire. Le rire est un outil social que l'on doit manipuler avec soin. Ou un cadeau que l'on offre à celui en qui on a totalement confiance.
Pffff, toi.
Tu es vraiment un cas, Côme.
Et même si ça te dérange un peu, cela ne suffira pas à t'ébranler. A ce stade, il faudrait qu'il te voue aux gémonies ; en dehors de cela, tu conserves le contrôle avec brio. Peut-être parce que tu te sens bien, d'être à ses côtés ; si seulement ce moment pouvait durer un peu plus longtemps, c'est là ton seul souhait.
Malgré tout, tu es obligé d'admettre que si tu te sens gêné, c'est principalement parce qu'il se moque un peu de toi, Alex - c'est subtil, c'est peut-être inconscient, mais il a le chic pour te prouver que tu n'es pas comme lui, que tu vis dans un monde trop fermé pour que tu puisses comprendre les autres. Tu as chaud au visage. Tu te mords la lèvre.
Tu inspires profondément avant de répondre :
« On peut dire cela. Ou on peut dire aussi que je profite de leurs services quand j'en ai besoin. Car j'en ai besoin, malgré tout. »
Ah, Alex, je te l'avais dit, que j'étais pire que toi.
Tu te souviens encore que tu l'as averti. Si tu ne le considères pas comme coupable, c'est parce que son innocence te saute aux yeux. Il n'a jamais voulu de la situation. Son erreur n'était pas la sienne. Toi, tu as toujours désiré être au sommet - ton ambition a été toujours été la même. Les obstacles qui se sont dressés devant toi t'ont forcé à prendre une attitude un peu plus immorale encore, à écraser les autres si cela devenait nécessaire. Ce n'est pas que tu es mauvais, Côme ; mais tu n'es pas quelqu'un de bien, tu l'es sans doute encore moins qu'Alex. (Pourtant, tu as un cœur, tu sens comme il bat fort, en ce moment ?)
Tu as honte parce qu'il te regarde.
Tu détournes les yeux parce que tu ne supportes pas de ne pas le voir te juger.
« En fait c'est assez horrible, dis comme ça. » : avoues-tu en articulant mal.
Peut-être que toi aussi, tu portes ta propre part de culpabilité, Côme. Simplement, avant lui, tu ne pensais pas qu'il était possible d'en souffrir. Peut-être qu'il t'a fallu ce catalyseur pour que tu te rendes subitement compte qu'en faisant du mal aux autres, tu t'es fait du mal à toi-même.
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2016-09-10, 20:05



ft. côme
&
que l'on ne tiendra pas
Il écoute, Alex. Il a les oreilles qui traînent parce qu'elles sont fatiguées de n'entendre que ses pensées ; il est du genre à être à l'aise accompagné de ses seules idées mais parfois c'est son cerveau qui pèse trop lourd et il a juste envie que sa tête heurte le macadam qu'on lui ouvre la boîte crânienne qu'on retire ce mercure qui n'en est pas et qu'on lui dise ce qui ne va pas.
Mais il sait qu'il n'y a pas d'anomalies dans son esprit.
Ce n'est pas un fou ni un suicidaire -c'est presque étrange à dire, mais tu sais, Côme, peut-être qu'il faudrait l'avertir. Ça l'empêcherait de faire d'autres conneries.
Il y a sa tête qui se tourne vers toi, ses cheveux bleus qui caressent le creux de ses joues maigres, les longueurs mal coupées et les racines qui blanchissent. T'es presque tout le temps neutre, Côme, dans tes couleurs dans tes habits, alors ça le fait encore un peu sourire ce rouge sur tes joues -il se demande un instant si c'est de la colère mais il oublie bien vite. Ce n'est pas quelque chose qui l'intéresse.
Et ce que tu réponds est sans saveur ; c'est fade c'est dénué de sentiments c'est des mots sans significations c'est lisse sans imperfections -il s'est demandé si tu la cherchais, la perfection, et ah, tu l'as sûrement trouvée, Côme. Tu l'as trouvée dans ta manière de t'habiller, dans ta façon d'être si organisé, dans ces pensées bien rangées dans l'absence d'empathie dans ces froideurs qui sont glaciales juste parce qu'elles n'ont pas de chaleur. T'es pas un blizzard, Côme, t'es un désert dans la nuit : déconstruit.
Mais tu sais, rien n'est perdu. Il paraît que le sable se transforme en verre et en bien d'autres matières.
Et c'est ce que tu rajoutes -c'est ça, les khamsins. Brûlants, ah ils transforment l'air lui enlèvent sa transparence rendent l'atmosphère suffocante -c'est horrible, Côme. Pas tant pour ce que c'est, mais pour ce que ça dit sur toi. Oui. Et tu vois, Somnifère il n'est pas comme toi, parce qu'il est toujours tiède, parce qu'il a des mots inutiles mais jamais trop. Jamais trop. Tu t'en étais déjà rendu compte ? Il ne sait pas vraiment pourquoi il demande ça, mais oh peut-être qu'il veut un non, pas avant toi.




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-09-10, 20:48
C'est peut-être un de ces instants que tu attendais, sans même t'en rendre compte ; et ce désir inconscient passera probablement aperçu, parce que tu sais, il faudrait que tu sois dans sa tête pour prendre conscience de cette étincelle que tu recherches en lui, depuis que tu t'es laissé vaincre par sa présence. Ah, si seulement tu pouvais te rendre compte, Côme, à quel point il t'a compris, comme il est parvenu à saisir ce qui rend ton existence problématique, tous ces défauts qui peut-être font ton charme mais surtout ton malheur ; comment en quelques rencontres a-t-il fait pour résumer la complexité de ton être à ce qu'il y a de plus essentiel - si tu t'en rendais compte, Côme, tu t'en étonnerais, et tu l'aimerais d'autant plus.
Mais tu rates ce moment où ses pensées ne se fixent que sur toi, au lieu de dériver sur lui-même ; tu n'as jamais osé espérer qu'il en soit ainsi un jour, une part de toi considère que tu n'es jamais qu'une ombre dans son esprit, une existence dont il a conscience mais... quoi de plus ? Tu n'as jamais aussi peu confiance en toi que lorsque cela te concerne ; tu n'as jamais éprouvé tout cela, tu ne l'as jamais demandé et, objectivement, tu n'aurais jamais voulu le découvrir, pas avec lui, pas avec ce type qui ne se laissera pas saisir, ce type contre lequel tu ne peux pas grand-chose. Oui, cela t'ennuie vraiment, de soupirer après lui ; tu ne peux juste pas t'en empêcher. Tu penses cependant que cela n'ira jamais plus loin - c'est là qu'est ton malheur, Côme. Tu ne vois pas comment lui pourrait s'intéresser à toi. Il te parle toujours de lui - des spécialités de son pays, de sa mère -, puis il se tait, et tu ne parviens plus à rien faire, il est trop fermé ; c'est là que tu lui parles de toi, parce que tu n'as plus rien à dire. Toutefois, tu ne penses pas que cela l'intéresse vraiment. Et aujourd'hui que c'est le cas, tu es en train de dire, c'est la fin. Tu détestes être aussi sincère avec lui.
Il te fait te haïr toi-même, Côme.
Et plus le temps passe, plus tu songes que c'est lui qui a raison.
Mais tu ne peux pas changer pour lui (tu as ta fierté, quand même).
Tu dois lui répondre. Tu ne peux plus te défiler, alors. Tu as une furieuse de fumer, tout à coup, alors tu plonges la main dans ta poche pour en sortir ton paquet, ça t'occupe.
« Je... »
Les mots se coincent dans ta gorge. Comme c'est dur, tout à coup, de revoir avouer tes torts ouvertement. Tu n'arrives pas à mimer la décontraction ; tu as beau essayé, tu te sens trop crispé, ton dos te fait mal et ton cœur cogne trop. Ce n'est qu'une fois la cigarette allumée, vissée à tes lèvres, que tu parviens à reprendre contenance - tout en te disant à quel point tu es ridicule, malgré tout.
« Non. Jamais. Et puis un jour, il y a cet homme qui a débarqué dans ma vie sans crier garde et qui a chamboulé toutes mes certitudes. Et je ne veux pas lui mentir, alors je me retrouve forcé de tout lui dire. Dire les choses, ça leur donne une certaine réalité, on ne peut plus fuir après ça. »
Non, Côme, tu ne peux plus fuir. Tu es sur le point de liquéfier, tu n'as jamais été aussi embarrassé de toute ta vie ; tu as l'impression d'en avoir trop dit, d'avoir trop bien amené ton propos ; mais du moins t'es-tu montré sincère. Tu peux te réjouir de cela. Tu ne lui mens pas. Tu lui exposes la vérité, avec tes mots enjolivés, mais ça reste la vérité. C'est plus que ce que tu n'as jamais offert.
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2016-09-17, 00:25



ft. côme
&
où vont les silences des rivières
Somnifère pense sans vraiment réfléchir ; il le pense même si souvent, s'en rend compte à chaque tournant que c'est comme un refrain dans sa tête -pas bête mais pas intelligent, stupide sociétal et génie social. Il ne se demande pas s'il comprend, Alex ; il a ses pensées juste au-dessus du larynx et s'il y croit suffisamment il les éparpille un peu plus loin un peu plus vite et, tu sais, Côme, il n'ose pas dire qu'il comprend. Pourtant c'est inné, chez lui. Il capte les essences bien plus que les détails et c'est face à son indomptable verbe que l'on se rend compte que ça n'a plus vraiment sa place, tous ces brouillards qu'on se créer, tous ces labyrinthes qu'on emprunte juste pour dire eh, regarde, je ne suis pas vide.
Somnifère sait qu'avant un labyrinthe, il y avait des fleurs, de la terre et ah, la biosphère.
Somnifère sait qu'avant un brouillard, il y avait un autre temps peut-être de la pluie mais peut-être du soleil -peut-être d'autres merveilles.
Alex a toujours aimé la neige, et vois-tu, Côme, peut-être était-ce ce qu'il y avait chez toi avant ces bruines lourdes. Avant ces fumées qui sortent de ta bouche comme un automatisme comme une manière de rendre l'or blanc d'un noir de corbeau -du pétrole, peut-être, pour te rendre plus riche encore, et c'est d'une ironie tellement forte que ça ferait presque sourire Alex.
Mais pas maintenant.
Pas alors que ta main se replonge dans ta veste comme lorsqu'il a vu ta silhouette pour la première fois -un squelette, un costume, pas encore un visage ni un nom encore moins une identité. Il y a de la fumée qui sort de ta bouche, de nouveau. Il manque un banc, le calme de l'eau et un peu de vide aux creux des cœurs. (suffisamment pour les anesthésier)
Et il comprend ce que tu dis. Il n'y réfléchit pas, non ; il a juste cette vague étrange dans le thorax quand tu dis que les mots gravent dans le marbre des réalités qu'on veut éviter, et puis après il se rappelle des mensonges qu'il s'est dit à voix hautes, les yeux dans son reflet, debout en face de son miroir cassé de sa salle de bain minable et il se rappelle de tellement de détails de tellement de choses mais jamais de ce qu'il dit. Parce qu'il sait que c'est faux.
Peut-être que le dire à voix haute ne le rend plus réel que lorsque ça résonne silencieusement plus loin.
Il ne sait plus vraiment quoi dire, Alex. Il a le sang qui pulse et qui veut jaillir à l'extérieur pour te montrer sa synchronicité mais c'est une utopie et il a la sueur qui lui colle à la peau qui l'empêche de bien respirer et promis, il va essayer.
En attendant, il prend de nouveau cette cigarette, du bout des doigts. Il ne l'arrache pas, pas comme avant non, c'est un geste doux et lent, un peu plus rapide quand il l'enlève définitivement de tes lèvres. Il la regarde un instant et ah, bien sûr qu'il a pensé à en tirer une bouffée, mais il sait qu'il n'a pas envie du tabac et il sait aussi que lui non plus n'a pas envie de mentir. Il la jette, quelque part, au loin. Comme la première fois. Eh, c'est mauvais pour la santé. Il n'a plus ce ton accusateur ni ces yeux noirs ; il a les cheveux couleur pastel maintenant, et ses mots ont l'air de s'être radoucis eux aussi.
Il y a quelque secondes qui passent ; on ne peut pas vraiment deviner ce à quoi il pense, mais doucement il sourit.
Et sa nuque se redresse il arrête de la tordre ; remet sa tignasse en arrière, verrouille ses prunelles sur les tiennes. Et alors, c'est comment, de ne pas mentir ? Il ne sait pas s'il sait ce que ça fait, Alex. Parfois il a l'impression de ne jamais se trahir, parfois il sent les couteaux qu'il s'enfonce lui-même dans le dos.




ACCISMUS
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ANOESIS

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2016-09-18, 21:52
Comme tu détestes cette façon d'être vulnérable, tout ça parce que tu as décidé de t'en tenir à une résolution. Tu as d'office pensé que ce serait difficile, un peu contre-nature ; comment un menteur professionnel tel que toi pourrait s'en tenir à la stricte vérité ? Sans compter que, bien sûr, cette notion est très problématique car la vérité absolue n'existe pas ; mais on ne va pas entrer dans ces considérations philosophiques, c'est loin d'être ton rayon. Mais tu as honte, et cet embarras glisse dans tes veines, jusqu'à te paralyser. Ah, heureusement que tu fumes, encore ; l'effet sur tes nerfs est incroyable. Les gens oublient que tu ne fumes pas parce que c'est bon ; en fait, cela ne l'est pas du tout ; mais c'est toute la construction sociale qui accompagne le geste qui t'intéresse. Échanger une cigarette, c'est une façon d'engager une conversation ; c'est s'isoler un instant et en profiter pour nouer des liens. Et puis, c'est se donner une allure. Surtout cela. Quand tu fumes, tu occupes tes mains, tu n'as plus à te soucier d'un impair. Mais bien sûr, Alex ne verra rien de tout cela - il n'a d'ailleurs aucune raison de le faire, et tu ne comptes pas le lui expliquer. Cela te paraît futile. D'autant plus que tu as bien conscience de cette dépendance vis-à-vis de la nicotine qui te pousse à y recourir quand tu ne te sens pas bien. C'est mal, et tu le sais.
Tu te doutes qu'il va recommencer, qu'il va reproduire le geste initial. Celui qui a tout recommencé. Et lorsque ses doigts se figent sur la cigarette pour l'ôter doucement à tes lèvres, tu ne songes pas à protester. Pour sûr, tu ressens déjà le manque alors que la fumée te parvient encore aux narines. Mais ton cœur se serre à son geste ; cette fois, il te paraît délicat, comme s'il faisait attention à toi. Peut-être qu'il le fait, d'ailleurs. Alors tu ne lui en veux pas vraiment, si c'est pour cela. Tu te sens déjà un peu trop amoureux pour le lui reprocher.
Tu souris bêtement, et ne peux t'empêcher de dire :
« Tu pourrais te renouveler, quand même. » Et il y a quelque chose de tendre dans ta voix - un peu en réaction à la douceur de sa réponse, un peu parce que tu le trouves tellement adorable.
Lorsqu'il te regarde dans les yeux, tu sens ton souffle encore un peu parfumé de tabac qui se fige.
Tu te demandes comment il fait pour ne rien remarquer.
« C'est affreusement dur. Ça fait mal. Ça te fait prendre conscience de tout ce qu'il y a de médiocre en toi, et que tu n'aurais jamais avoué avant. Il faut être stupide pour s'interdire complètement le mensonge. »
Oui, tu es stupide, Côme. Stupide d'avoir pris une telle résolution, parce que tu ne te sentirais pas capable de le regarder en face autrement. C'est une façon pour toi de ne pas le traiter comme tout le monde, de lui donner une position à part dans ton cosmos.
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IS IT TOO LATE NOW TO SAY SORRY ?
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2016-09-28, 09:08



ft. côme
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help me polarize
Somnifère ne sait pas ce qui est contre-nature. Il est le genre de personne qui l'est sans le savoir, quelqu'un qui marche la tête à l'envers et qui ne s'en rend pas compte parce qu'il a amorcé sa retournée pendant des années ; il regarde ceux qui se forcent en tordant un sourire un peu cassé, sans savoir qu'il fait parti de ceux qu'il plaint.
Enfin, au fond, il doit le savoir.
(il doit le savoir quand il flotte à la surface de l'eau, entre liquide et vapeur, et que son poids semble nul mais que sa tête pèse toujours trop lourd -c'est elle qui s'enfonce dans la source en premier, puis vient son torse, son cœur, et puis seulement, ses pieds, ses poids, ses charges)
Il voit que tu souries, Somnifère, mais tout ce qu'il arrive à se demander, c'est si c'est bien réel. (et pourtant il se rappelle que tu lui as juré honnêteté)
Toi aussi, alors. C'est une pique qui n'est pas une pique ; quelque chose de doux, une pointe arrondie par une espèce d'aventure commune, par une tendresse qu'on partage sans trop vouloir, sans trop savoir.
On en vient toujours à la même conclusion : il ne sait pas beaucoup de choses, Somnifère.
C'est encore un enfant, Alex ; il pleure encore dans les bras de son frère quand il croise le fer de son regard et il s'en va comme un adolescent trop lunatique pour se poignarder les yeux, s'assurer de ne jamais plus retomber dans ses mains trop pâles et ses douceurs qui vous étranglent -tu comprends, Côme, il ne sait pas grand chose, Somnifère, mais ça ne l'empêche pas d'en vivre beaucoup.
Alors il essaie, du bout de ses mots, de te faire changer tes habitudes ; alors il essaie, du bout de ses doigts, de te faire comprendre que tout va bien même lorsque l'on est pas d'accord.
Et pourtant tu n'es certainement pas stupide, non ? C'est une autre question qu'il pose : pourquoi, alors ?. Il n'attend pas de réponse. Somnifère sent quand il ne faut pas attendre beaucoup. Peut-être que ça rend meilleur. De savoir tout ce qui ne va pas chez nous, je veux dire. Peut-être que ça permet de corriger de mieux se comporter, mais il sait -chose rare, il sait que la vérité, celle qui colle à la peau qui soude les plèves quand on respire, celle-là ne change rien.




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-09-29, 19:15
A la douceur de tes faux reproches répond la tendresse de son accusation. Cette attitude, si inhabituelle de ta part - toi qui ne fais jamais vraiment attention aux autres, agissant toujours avec diplomatie mais sans générosité -, semble trouver écho en Alex, et tu ne peux t'empêcher de te laisser submerger par une vague de bonheur pendant quelques courtes secondes. Tu as subitement compris ce que tu désires ces derniers temps : la compagnie d'un homme que tu vois comme unique, et qui te renvoie l'ascenseur, sans qu'il ne soit jamais question d'argent ou de codes sociaux. Tu as envie de goûter à l'agrément de sa présence pour elle-même, tout simplement ; de découvrir une personne qui n'a rien de toi, qui fonctionne par elle-même sans avoir besoin de toi pour exister, qui enrichira ton existence par autre chose que des espèces sonnantes et trébuchantes ; d'avancer côte à côte sans avoir d'attentes, et recevoir malgré tout. Tu n'as jamais eu envie de tout cela autrefois ; tu aurais ri au nez du naïf qui aurait prétendu ériger ces revendications niaises au rang de rêve. Et te voilà prisonnier de ces aspirations simplistes. Tu sais, Côme, cela ne te dérange même pas. Tu n'es plus le même, tu te fissures de toute part et tu n'as jamais été aussi vulnérable que devant lui. Tu peux bien l'admettre, désormais : tu n'es pas aussi fort que tu l'as toujours prétendu. Tu es humain. Tu as des faiblesses.
Tu souris bêtement, sans te soucier de ce qu'il en pensera.
Tu lui as dit à quel point c'est douloureux de ne jamais mentir, mais quand tu plonges les yeux dans son regard lumineux, tu en oublies presque les désagréments.
(Tu te demandes s'il l'a remarqué. Que plus le temps passe, plus tu le dévores du regard.)
(Est-ce qu'il se rend compte que tu es suspendu à ses lèvres ?)
Il y a cette main privée de ses automatismes ; une part de toi à l'envie de l'approcher de lui. Peut-être, s'il n'avait pas été aussi grand, l'aurais-tu plongée dans le bleu de sa chevelure ; tu te sens curieux de savoir à quoi elle ressemble, toutes ces couleurs, ça doit l'abîmer, non ?
« Essaies-tu de m'encourager ? »
Tu sais que non, tu la connais déjà la réponse, ça ne lui ressemble pas ; même si vous vous rapprochez, même s'il répond avec douceur, il y a toujours quelque chose de lui qui manque, une distance que tu ne peux pas combler s'il ne veut pas te tendre la main d'abord. Tu sens ce vide, mais tu ne veux pas trop te plaindre ; tu trouves que tu as déjà de la chance de l'avoir trouvé, et qu'il arrive à te rendre heureux sans jamais te faire de promesses. Tu es probablement l'amoureux enfermé dans des sentiments univoques le plus joyeux de cet univers, Côme - en as-tu conscience, que cela te rend unique ?
« A mon avis, être meilleur ne veut pas dire qu'on est bon. On est juste moins mauvais. »
Ta vision est pessimiste en apparence, mais en réalité, tes affirmations ne traduisent guère ta paix intérieure. Tu ne demandes pas à être quelqu'un de bien, juste quelqu'un qui vaille la peine d'être connu. Tu te reconstruis car tu ne pourrais pas le regarder dans les yeux autrement ; mais tu ne le fais pas tout à fait pour lui non plus. Il y a quelque chose qui l'excède dans ce changement ; même s'il quittait ta vie, tu continuerais d'évoluer, encore et encore, parce que tu sais que c'est la chose à faire.
Tu croises les bras dans ton dos, tes deux mains se joignant faute d'avoir mieux à faire. Tu te sens un peu nerveux, malgré tout ; sous toutes ces couches de joie, d'euphorie, de plénitude. Tu sais cependant que ton addiction coutumière passe un peu, parce qu'il y a quelque chose que tu désires plus en face de toi.
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IS IT TOO LATE NOW TO SAY SORRY ?
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2016-10-01, 22:51



ft. côme
&
raddir
Il y a des voix plus belles que d'autres.
Il s'en rend compte avec ta réponse, un rayon de miel sur des plaies salées, sur des paysages vallonnés. C'est une question à laquelle il répond d'un autre sourire, un de ceux que vous partagez un peu trop en si peu de temps. Ça, il ne l'a pas vu, pas compris -il n'est pas du genre à compter ce qu'il donne, Somnifère, ni même ce qu'il reçoit. Il pèse ses trésors comme une Thémis du bout de sa plume -lui, il y met plutôt de vieilles choses : un poster de concert, un t-shirt plein de mots et de boue, des chaussures qui ont bien vécues, un morceau de lave qui salit tout bien trop vite. Il ne compte pas les sourires -et pourtant, il devrait peut-être, parce qu'il sait aussi qu'il les oublie presque aussi vite qu'il les voit, et ah, ça l'attriste.
Alors oui, il t'encourage, du bout de ses questions innocentes et de sa rhétorique dont il n'est même pas conscient ; certain l'appellerait un charme naturel, lui dirait plutôt une connerie gravée dans l'adn.
Il voit vos yeux qui s'accrochent -c'est étrange à dire, il n'est pas omniscient mais il le sent et ah tout paraît logique, tout s'inscrit dans sa suite et il aimerait que les couleurs restent les mêmes un peu plus longtemps, juste un peu plus : du cyan, comme le ciel, et du blanc, comme les nuages. Comme ses cheveux, comme ta chemise. Comme la douceur, comme l'honnêteté.
Je ne sais pas. Regarde, il te l'avoue. Je crois qu'être meilleur, ça veut surtout dire qu'on tend vers autre chose. Il n'y a jamais réfléchit, Somnifère. Il dit toujours tout ce qu'il pense tout bas, et il garde ses réflexions pour lui. (ses cauchemars ses horreurs et ses nostalgies) Quelque chose qu'on juge meilleur. Ça ne l'est pas forcément pour tous. Tu sais, Côme, il pensait être meilleur avec que du vide au bout du cœur.
On lui a prouvé qu'il avait tord.
On lui a prouvé qu'il avait tord et à force de regards arrachés de mots qui veulent se crier de respiration en apnée de menthe glacée insufflée dans des systèmes trop fermés à force d'yeux gris et bruns et noirs -et bleus, les siens
au final, Côme, il veut changer les couleurs.
donne-lui du rouge, donne lui du jaune ou du vert, mais pas du bleu -il en voit bien assez.




ACCISMUS
&
ANOESIS

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2016-10-02, 14:47
Tu souris trop, tu n'étires jamais autant les lèvres quand tu te sens bien. On t'a appris qu'il ne fallait pas. On t'a dit, Côme, que tu devais sourire quand tu étais triste, que tu devais sourire quand on te le demandait, que tu devais sourire pour charmer. On t'a dit de réprimer toute joie soudaine qui ne t'apporterait rien. Mais tu ne peux plus, cette fois - et d'ailleurs, tu n'es même pas certain que tu aurais envie de le faire. Mains toujours croisées dans le dos, yeux levés vers son visage, tu te rends compte que tu as toujours été quelqu'un de trop retenu. Que si tu continues de te comporter comme tu l'as toujours fait, tu continueras de lui mentir. Car c'est un mensonge que de prétendre que tu le vois comme un simple ami. Tu ne peux pas t'imposer, bien sûr ; tu n'as pas le droit de le forcer à accepter ce que tu ressens pour lui. Mais tu ne dois pas le cacher pour autant.
Tu en as conscience, et tout à coup, ta nervosité fait sens.
Tout pourrait s'écrouler tel un château de cartes au moindre de tes faux mouvements.
D'une certaine façon, il t'encourage. Il ne te rejette pas. Il t'écoute. Il semble te dire que tu peux être meilleur - même si ce n'est pas de façon absolu, même si tu n'en auras pas l'impression. Il est adorable. Il n'en a sans doute pas conscience, mais c'est quelqu'un de bien, Alex ; juste un être un peu trop malmené par l'existence, mais certainement pas perdu. Il n'a peut-être pas pu sauver sa mère, mais il t'a sauvé, toi. Ce n'est peut-être pas équivalent, mais c'est déjà quelque chose. Cela représente tout à tes yeux.
Alors tu te rapproches, et ta main effleure rapidement sa joue, avant de s'abaisser pour s'emparer de la sienne. Entre tes doigts, elle qui est si grande te paraît si fragile. Comme si elle pouvait disparaître si tu la serrais trop fort. Tes yeux ne le quittent pas du regard ; tu t'en fiches d'être transparent, c'est douloureux de te montrer aussi véridique alors que tous tes instincts te crient de te cacher, mais qu'importe, tu es heureux d'être avec lui, et ça, c'est tout ce qui compte.
« Tu disais que tu avais quelque chose à livrer. » Non, tu n'as pas oublié. Comme si tu pouvais oublier ce qu'il te dit. Une part de toi, d'ailleurs, se réjouit qu'il ait pris le temps de te parler, de ne se préoccuper plus que de toi, alors qu'il est censé être au boulot. Tu veux croire que tu comptes un peu, à ses yeux. « Si tu ne l'as pas livré, on peut y aller ensemble. Moi aussi, j'ai quelque chose à donner au gang. »
Et ta voix se meurt sur toutes ces promesses que tu ne formules pas, mais que tu t'engages à respecter parce que tu prends Alex à témoin. Tu devrais, te dis-tu, commencer par régler tes affaires avec ceux qui t'ont quand même offert un moyen de revivre. La reconnaissance n'est pas une notion qui t'est vraiment familière, en fait, mais tu l'apprends progressivement.
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