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Peaux d'épines - Hannibal.

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Carbone
COLONEL // PREDATOR

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2016-01-28, 18:47


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carbone x hannibal

Ma journée n'avait pas franchement bien démarrée et c'est le pas lent que je me dirige vers un bar qui, jusqu'à lors, n'avait jamais attiré mon attention. Comment l'aurait-il pu ? Je fréquente si peu ce genre d'endroits qu'on m'alloue les vertus d'un prêtre. J'en ris rien que de m'imaginer avec une toge et un ostie en main. Si je bouscule mes habitudes d'ermite, c'est que le dit bar me semble plutôt tranquille et loin du tapage qu'offrent, plus aguicheurs, ses concurrents.

J'ai surtout besoin de me changer les idées et pour une fois, me sentir entouré et fondu dans la masse m'apparaît comme un remède séduisant.

Cela fait déjà deux jours depuis l'incident du train. J'y repense sans cesse depuis et je dois bien avouer, aussi gênant que cela puisse être, que j'en dors péniblement. Nous étions partis, chacun de notre côté, promesse faite que l'on se reverrait, qu'il m'attendrait. Voilà, y songer me donne à nouveau mal au crâne.

Je m'allume une cigarette tandis que mes pas s'arrêtent sur le paillasson d'une énorme porte sombre. Quelques filets de lumières s'échappent des vitres poussiéreuses et si musique il y a, elle doit être basse et grave. Je ne distingue pas trop de mouvements et pas plus de voix. Ce bar est  fait pour moi.

Ma cigarette terminée, je rentre en prenant soin d'enfouir mon visage derrière le col de ma veste. Machinalement, je baisse les yeux et observe le parquet qui grince sous mes pas. Je sens le regard du barman se poser brièvement sur moi et me laisser à ma pudeur la seconde suivante. Ce bar est  définitivement fait pour moi. Jack, t'es vraiment peureux.

Je jette un coup d'oeil sur les tables avant de ciller. Mon coeur loupe un battement et, sans rien y pouvoir, je le sens reprendre son rythme avec force. Il m'arrive à la gorge. Je pourrais vomir ses battements tant ils me martèlent.

Hannibal ? Ce dos, cette silhouette dégingandée... C'est bien lui.

Je ne sais si je dois m'approcher ou fuir. Fuir ? Pourquoi ? Pourquoi en ai-je l'envie... Je tourne les talons, prêt à reprendre la porte. Seulement je ne peux m'empêcher d'avoir le murmure encourageant de la nostalgie, de la promesse... Ne sois pas si lâche Jack.

D'une pirouette, je me tourne à nouveau et m'avance à pas de loup jusqu'à sa table. Je reste d'abord immobile derrière lui. Je vais vraiment vomir les battements de mon coeur. Putain. Jack, t'es con. Je tire la chaise face à la sienne en évitant de faire trop de bruit. Je m'assois, le toise avec circonspection. Il semble noyé dans l'alcool. Il sent le rhum, il pue la fatigue, l'homme rouillé. Je soupire.

Bonsoir Hannibal... Je n'espérais pas te revoir si tôt.

Bien sûr que tu l'espérais. Je commence à regretter de ne pas avoir quitté le bar, de ne pas avoir suivit mes pulsions lâches. Ces deux jours à cogiter me parurent une éternité mais à présent que je l'ai devant moi, j'ai le sentiment de l'avoir quitté hier. Faite que la panique qui guette ma raison s'en aille et que je puisse converser sans mal. Jack, sale gosse, assume toi.

Un serveur s'amène tout sourire et, bizarrement, plutôt que de lui passer commande j'aimerais lui demander s'il est possible qu'on échange rapidement nos corps, que je puisse disparaître incognito. Jack, arrête un peu.

Une bière, merci.

Il s'en va et je pose à nouveau mon regard sur Hannibal. Hannibal... Quel contraste. Quelle scène... Je lui retrouve les airs misérables, ces airs que nous partageons lorsque notre passé réveille nos plaies.


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Hannibal D-J Somerset
FONDATEUR // CHEF DU NORD

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2016-01-28, 20:46
My heart goes to bed.
musicBonsoir Hannibal.
Tu t'étais redressé d'un coup, comme un charognard dérangé pendant sa sieste. Tu t'étais même redressé trop vite ; le monde s'était mis à tanguer autour de toi, ta tête te martelait, tes yeux n'étaient pas capable de faire une mise au point correcte. Mais cette voix, elle ne t'avait pas quitté depuis des jours. Elle était restée te hanter depuis le vingt-cinq janvier. Jack.
Des sentiments contradictoires s'étaient entremêlés ; la joie, la stupéfaction, l'agacement, l'énervement et surtout ; la honte. Pourquoi, comment ? Que faisait-il ici ? T'avait-il suivi tout ce temps ou était-ce le fruit du hasard ? Et surtout... Fallait-il pour toi de déguerpir sur le champ ou assumer ta nature alcoolique, ton teint blafard, ton haleine terrible, tes yeux endormis, tes joues rougies ? Tu avais songé à te lever pour te tirer d'ici sans un mot mais déplacer ta jambe ne serait-ce qu'un peu semblait être un effort insurmontable.

Tu le fixais de haut en bas, il n'avait pas changé. Mais que devait-il bien penser de toi ? Toi qui lui sortais les beaux discours quelques jours plus tôt, toi qui agissais comme un être humain ? Tu n'étais qu'un déchet, qu'un raté. Tu te détestais à chaque fois que tu buvais trop et dieu sait combien de fois cela arrivait depuis ta sortie de prison. Tu avais beau t'entourer de précieuses personnes, jamais ton amour pour la liqueur ne pourrait disparaître. C'était  en elle que tu crachais toute ta rancune, toute ta haine. C'était ta drogue, ta dépendance comme tu l'étais à Jack. Jack.
C'était difficile de te l'avouer maintenant mais il t'avait manqué. Il y avait toujours une pensée vers lui lorsque tu voyais un train, quand la nuit tombait, quand tu regardais ton épaule, quand tu fixais les hématomes qui parsemaient ton corps, quand tu bougeais même et qu'la douleur revenait avec vivacité.

« ... Qu'est-ce que tu fous là, putain... »

Sifflais-tu entre tes dents.
Putain tu te détestais.
Tu te détestais viscéralement.

Combien de bagarre avais-tu pu provoquer à chaque fois qu'on venait t'adresser la parole et qu't'avais un coup dans l'nez, combien d'bars avaient pu te bannir définitivement pour ton comportement, combien de fois tu t'étais enfui avant que la police n'arrive pour t'interpeller ? Trop de fois.
Trop de fois.

Tu poussais un lourd soupir. Tu ne voulais pas qu'il te voit ainsi, pas lui.
Putain, c'est pas possible.
Tu t'étais levé contre toute attente en frappant tes mains contre la table. Ton équilibre était médiocre, tu vacillais à droite, à gauche. Tu étais ridicule. Qu'il était beau, le chef du Nord dans toute sa crédibilité.

« Dégage, c'est pas un spectacle. Et c'est surtout pas l'moment ! »

Tu grognais, haussais le ton. Quelques visages avaient déjà commencé à se tourner vers vous. Calme toi, calme toi...


peaux d'épines




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Carbone
COLONEL // PREDATOR

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2016-01-28, 22:16


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carbone x hannibal

Je l'observe sans sourciller et songe à tous les verres qu'il avait du s'enfiler avant que je n'arrive. Franchement, en quoi l'alcool est-il si bénéfique à l'oubli ? Je cherche encore à le comprendre, cela me dépasse. Qu'il y aient des hommes qui puissent à ce point s'assujettirent à la boisson, s'asservirent à l'ivresse. Hannibal, même lui. Surtout lui.

N'avions-nous pas trouver plus belle ivresse que celle qui le pousse en ce moment même à se maudire, à me fuir ? À cette pensée, le serveur arrive, légèrement inquiet de savoir s'il écoperait d'un coup de coude maladroit ou d'une injure. Il dépose ma bière et s'en retourne aussi tôt. Il m'amuse. Je n'arrive pas à me mettre à sa place et voir Hannibal comme un simple soulard parmi tant d'autres. Peut-être ai-je un dysfonctionnement de la rétine ? Allez savoir.

Ce n'est pas faute d'être en proie à son humeur de hyène. « ... Qu'est-ce que tu fous là, putain... » J'hausse un sourcil et m'offre la première gorgée de mon verre. Que pourrais-je bien lui répondre ? Que le hasard nous a réunit ou que c'est peut être un coup du sort qui en aurait eu assez de m'entendre penser à lui ? Quelle ironie.

La douce amertume de ma bière m'attendrit l'humeur et je me détends tandis qu'il se crispe. Ses mots d'adieu me reviennent à l'esprit, son dos s'effaçant dans l'horizon nocturne. Peut-être dois-je le sauver à mon tour... Soudain il se lève et m'arrache à ma rêverie. Son imprévisibilité m'étonnera toujours. « Dégage, c'est pas un spectacle. Et c'est surtout pas l'moment ! »

Je ferme les yeux et sens la colère s'insinuer dangereusement dans mes veines tandis que je serre les poings sur la table. Jack, cela ne servirait à rien. J'inspire une bouffe d'air et prends sur moi pour ne pas donner raison aux regards qui se posent sur lui. Il n'y aura pas de coups, pas ce soir.

Hannibal.

Je me lève à mon tour et me saisis d'un de ses bras. Plus il bouge, plus ma poigne s'affermit. Je lui souris, sans pitié ni moquerie. Son état est sévère mais j'ai la patience et l'âge pour le gérer. Je ne m'avouerais pas vaincu par un vulgaire "dégage".

Je le force à se rasseoir et ce n'est pas une mince affaire. Il est lourd, il gigote, il grogne. Je ne peux m'empêcher de rire à mi-voix en l'imaginant avec des poils et deux oreilles. Ce serait un ours des plus atypiques !

Ne bouge plus ou j'te passe les menottes et je t'attache à moi.

J'ai de la malice dans les yeux et l'envie de l'emmerder un peu, rien qu'un petit peu. M'enfin, je ne sais si l'idée est judicieuse...

Qu'il m'insulte ou me frappe si l'envie lui prend. Je ne peux que comprendre son désir de me fuir. N'ai-je pas eu le même en le voyant ? Il n'a pas envie que je le vois dans cet état, je n'ai pas envie d'affronter le noeud de mes pensées à son égard. Ah Jack, ce n'est pas le moment de faire étale de tes états d'âme !

Ce n'est pas un spectacle effectivement et je ne suis pas spectateur...

Ses prunelles dénotent le flou dans lequel elles sont plongées pourtant je ne peux résister au désir d'y accrocher les miennes. J'aimerais revoir l'incandescence qui les avait animé l'autre fois, cette même incandescence qui m'avait magnétisé. Je sais qu'elle est là, tapis, endormie.

Aurais-tu passé une mauvaise journée ou est-ce par habitude que tu t'saoules à ce point ?

Je me doute de la bonne réponse mais qui puis-je si j'ai envie qu'il me parle, même si ce n'est que pour m'ordonner de partir ou de me taire. Jack, ton égoïsme revient.

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Hannibal D-J Somerset
FONDATEUR // CHEF DU NORD

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2016-01-28, 23:10
My heart goes to bed.
music – Il y avait trois personnes autour de cette table. Jack, un type saoul et toi. Les deux derniers semblaient se confronter d'eux-même. L'un voulait laisser ses pulsions en libertés, violentes et imprécises tandis que l'autre se faisait charmer par la voix de Jack. Jack avait une voix hypnotisante et tu te souvenais de cette fois où il t'avait raconté qu'il aimait la musique, vraiment. À l'imaginer gratter sa guitare et chantonner quelques notes, tu avais fini par doucement te calmer. Sa main faisait pression sur ton bras. C'était douloureux. Il y avait sûrement un hématome violacé à cet endroit même. Tu reprenais ton souffle du mieux qu'tu le pouvais, toujours dans cette lutte intérieure qui ne t'avait jamais paru aussi ardue et pour cause : c'était bien la première fois que tu cherchais à redevenir Hannibal. Car toutes les autres, tu les avais passé seul. T'étais face à ton propre reflet, accompagné de ta solitude déchirante. Ne bouge plus ou j'te passe les menottes et je t'attache à moi. T'aurais rougi davantage si seulement tu l'pouvais. Mais depuis des heures tu pouvais sentir tes pommettes s'enflammer douloureusement. De quoi avais-tu l'air ? Jack souriait, sincèrement. Il demeurait d'un calme déconcertant et continuait à te parler d'égal à égal, tout en sachant y ajouter une pointe d'humour à chaque fois. Tu ne savais pas comment t'y prendre avec lui. Plus il déblatérait, plus tu avais peur de l'briser. Plus t'avais peur d'le frapper, plus t'avais peur qu'il ne te tourne le dos, plus t'avais peur qu'il se mette à voir la bête en toi plutôt qu'l'homme.

Plus t'avais peur d'le perdre.
Peur d'le perdre comme on aurait peur de perdre un précieux ami, un frère, un amant.

Tu t'laissais tomber sur ta chaise, renonçant à faire preuve de violence – du moment que tu le pouvais, car tu savais tant bien qu'mal qu'aux prochaines gorgées t'allais te mettre à bouillir de rage. Et oui, tu le savais. Tu le savais. Alors pourquoi tu t'en empressé de finir ton verre de rhum sur la table, d'une traite ? Tu buvais ça comme de l'eau. Ca n'avait ni saveur ni effet ; ou tout du moins c'est ce dont tu avais fini par te persuader.

« On est jeudi. »

Tu te frottais le visage. Tes pupilles étaient dilatées et accentuais ce regard sombre et vitreux que tu n'osais point imaginer. « Je bois les jeudis. » Tous les jeudis se résumaient à cette même rengaine : entrer dans un bar, commander deux, trois, quatre, huit verres. S'endormir dans un coin d'la pièce ou alors provoquer les clients sobres autour. Parfois se battre avec un autre type. Le scénario était toujours plus ou moins le même mais Jack venait de détruire cette boucle infernale.

« Me dis pas qu'tu t'imaginais vraiment que j'étais un homme bien. » Annonçais-tu presque hilare.
De qui te moquais-tu le plus ? De lui, de sa naïveté, ou de toi, de ta bêtise ?

« ... Elle est morte un jeudi. »

Puis l'hilarité s'était évaporée et avait laissé place à un semblant de mélancolie. Tu baissais les yeux et jouais avec les glaçons dans le fond de ton verre en le secouant. « Pour tout te dire... Je crois que j'avais un but, avant. Mais je ne m'en souviens plus. Peut-être que je voulais juste oublier. Ou peut-être que je voulais mourir dans l'alcool. Ou alors je m'imaginais qu'en me battant avec un autre type saoul, il finirait par m'planter, par en finir. L'avantage, c'est que je n'ressentirai rien. J'partirai comme un lâche. »


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Carbone
COLONEL // PREDATOR

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2016-01-29, 01:04


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carbone x hannibal

Je soupire de soulagement de le voir se rasseoir en face de moi. Ce n'est pas une grande victoire mais si petite qu'elle est, elle met du baume à mes doutes. Je ne pensais plus avoir les épaules pour supporter quelqu'un d'autre que moi un jour. Même Aurore, ma fille, chair de ma chair, ne peut se prévaloir d'avoir comme jadis mes mains pour sécher ses pleurs. J'ai honte, si honte mais ce sentiment chaleureux ne s'estompe pour autant. Si je peux l'aider lui... Juste lui... Ne serais-je pas acquitté de mes fautes ? Non bien sûr, mais j'aime à l'espérer.

Je termine ma bière et en commande une seconde. J'extirpe une cigarette de mon paquet, l'allume et contemple le bout s'embraser avant de la porter à ma bouche. C'est alors que mon coeur sort de ma gorge : lui qui l'avait tant cherché, le voilà vainqueur. J'ai peine à contenir ma surprise mais tends à demeurer calme. Hannibal, pour la première, tu me parles. Son hilarité m'attriste. « Me dis pas qu'tu t'imaginais vraiment que j'étais un homme bien. » C'est un mensonge. Je n'y crois pas.

Je n'ai pas le temps de répondre, pas le temps de faire taire l'angoisse étrange et doucereuse qui écartèle mes entrailles. Ma cigarette se consume, me brûle, de la cendre tombe à mes mains mais je ne bouge pas. « ... Elle est morte un jeudi. » Sa voix se casse. Ma cigarette tombe.

Je ne parle pas, je ne veux pas, je n'y arrive pas... Pour la toute première fois, je le vois vulnérable.  Elle. Sa femme ? Ellen... Je me rappelle son nom. Je le vois en caractères gras faire la une des journaux. Je me rappelle la haine et la colère que j'ai ressentis envers lui, envers le meurtrier. Cela m'avait rappelé Marie, ma propre erreur, mon propre crime. Alors je l'avais haïs, haïs si fort. L'angoisse continue sa course, se change en chaleur, en brasier. Je fuis son regard. Je me sens si lamentable et plus lamentable encore lorsqu'il m'avoue sa lâcheté à chercher la mort plutôt que la vie.  

Je n'ai pas ton courage Hannibal, je ne l'aurais pas avoué, toi tu le fais. Je veux que tu me pardonnes de ne pas t'avoir compris plus tôt.

Je me couche à moitié sur la table. La fraîcheur du bois sur ma joue me fait du bien. J'observe avec absence les glaçons danser dans son verre. Je glisse une main jusqu'à pouvoir le toucher en évitant ses doigts. Je tapote la paroi transparente de mon index, écoute le cliquetis émit.

Hannibal...

Mes yeux se perdent dans les filets bruns, restes de rhum, striant son verre. De ma main libre, je viens lui pincer la peau de son bras. Ma voix se pare de chaleur. Je veux l'atteindre...

Tu ressens la douleur ?

Je pince plus fort encore pour quelque secondes à peine et abandonne ma prise. Mes yeux ne quittent toujours pas les raies d'alcool et je fais du cliquetis de mon index sur le verre un port auquel me rattacher.

Si tu tiens à mourir sans rien ressentir, alors je peux te tirer une balle dans le crâne.

Je cherche mes mots. J'ai peur de ne pas réussir à lui faire comprendre mon envie de le garder vivant, de l'empêcher de dépérir. J'ose un regard tout aussi bref et morose que le soupire qui le succède.

Si tu tiens à la revoir, alors je peux te tirer une balle dans le coeur.

Mon indexe dérape - involontairement ? - sur le dos de sa main. Quelques secondes, un flottement... et l'éphémère prend son sens. Mon doigt retrouve son séant initial.

Si tu es aussi lâche que tu le dis, alors tu me demanderas de le faire maintenant.

Je n'entends plus les voix des autres, je n'entends plus le choc des verres qui se joignent d'amitié, je ne sens plus les effluves de houblon et de sueur. Tout ce que je perçois, c'est sa présence.

Si tu me le demandes et que je te tue... Alors ce sera à mon tour de venir ici tous les jeudis et de boire.

Je ferme les yeux. Je souris.

Je ne suis pas doué pour interpréter les sentiments, ni les miens, ni ceux des autres. Ta peine me rappelle peut-être la mienne, mais je ne peux ni la comprendre, ni l'éprouver. Pourtant je sais qu'en toi, le feu n'est pas éteint. Alors si tu ne peux vivre pour toi, vis pour moi. Acquitte toi d'être une obsession qui n'est pas guérie. Acquitte de m'avoir redonné espoir.

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Hannibal D-J Somerset
FONDATEUR // CHEF DU NORD

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2016-01-29, 02:08
I've been upside down
music – Est-ce que tu pourrais lui demander de t'coller une balle entre les deux yeux, là, tout de suite ? Sans doute que oui. Sans doute qu'tu serais assez lâche pour t'lever et le supplier de t'exécuter. Sobre, tu ne le ferais pas. Sobre, tu penserais à Faelan, tu penserais à Alekseï, Zephyr, Cloud. Tu penserais à tes parents que tu n'as pas vu depuis des années. Tu penserais à ta vieille baraque. Tu penserais à tes chats qui miauleraient devant le palier en attendant une réponse qui n'arriverait jamais.
Puis tu penserais à Jack.
Mais saoul, tu ne pensais qu'à toi. Tu n'pensais qu'à ta grande dépression, tes malheurs, tes drames. Tu n'pensais qu'au passé, le futur n'était qu'une utopie, le présent était dénué de sens. Pourtant encore une fois, les mots de Jack t'avaient ensorcelé. Tu avais assimilé chacune de ses phrases et leur sens. Tu avais fini par comprendre que tu lui manquerais, à lui. Que la place dans ce bar ne serait jamais vide si jamais tu disparaissais. Tout ça n'était qu'une question rhétorique, n'est-ce pas ?
L'illusion que tu pouvais avoir le choix alors que tu ne l'avais pas. L'avais-tu au moins déjà eu ?

Alors si tu ne peux vivre pour toi, vis pour moi.
Vivre pour Jack ?
Vivre pour un soldat qui t'avait traqué toutes ces années, pour un soldat perdu, pour un soldat déchu ? La poigne autour de son verre se faisait plus puissante, tu le prenais à pleine main et à ce même moment, tu avais grossièrement entremêlés vos doigts. Le contact avait été électrique, rapide, presque insignifiant, mais suffisant pour te faire bondir et ramener ton bras vers toi.

« Un autre. » Lançais-tu au serveur qui passait par là avant de te concentrer à nouveau sur ton interlocuteur.

« Ne mets pas ton sort sur mes épaules. C'était tranchant comme une lame de rasoir. La diplomatie n'était pas ton fort avec un coup dans l'nez. Tout c'que tu sais de moi c'est c'qu'ont dit les médias et peut-être un dossier qu'on a déposé sur ton bureau un beau matin. »

Tu souriais tristement car c'était bien la seule chose que les gens pouvaient savoir de toi désormais. Des données primaires, des faits, mais jamais ce qui se cachait derrière. Jamais les sentiments, jamais le passé, jamais les causes.

« Mais c'est un peu comme tout l'monde. On a des étiquettes collées sur l'coin d'la gueule et on ne s'intéresse plus à l'histoire des autres. »

Le jeune garçon revenait vers vous et déposait ta commande. Tu ne t'étais pas fait prier pour en boire la moitié. Tes pensées étaient plus nettes alors que tu coulais, coulais, coulais. Tes pupilles se plantaient dans celles de Jack.

« Quelle est ton histoire, Jack ? »

Tu ne te serais jamais permis d'être aussi curieux sans le rhum et t'avais peur de le regretter. T'avais peur de découvrir des choses douloureuses que tu n'voulais pas imaginer. Mais à quoi bon.
À quoi lutter ? Tu n'étais qu'un bon à rien.


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Carbone
COLONEL // PREDATOR

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2016-01-29, 03:30


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carbone x hannibal

Tout s'enchaîne si rapidement et me voilà mis à la porte de mes rêves. J'ai chaud de nos doigts qui se touchent, j'ai froid de leur séparation. Mes pensées s'adonnent à une danse démoniaque et je perds un instant le fil qui me relie à la réalité. J'en ai assez, j'en ai assez... Elles dansent, elle dansent et moi j'ai mal de tourner autant. Jack, c'est pourtant si simple... Jack, tu compliques tout.

Je me redresse et me cale au dossier de ma chaise. Je ne veux plus le regarder et ma raison n'en fait cure, je ne peux y échapper. C'est une ritournelle, éternelle, maladive. Je m'étais déjà noyé dans ses prunelles, je n'y tenais plus et pourtant. Pourtant je plonge encore. J'en ai assez.

Sa voix est pareille à un pic de glace. Je sens ma peau devenir un champ d'épines. Je ravale ma salive, je ravale les battements de mon coeur. Vite, j'allume une autre cigarette. J'occupe mes doigts de peur qu'ils ne tremblent, j'occupe mes poumons de peur qu'ils ne lâchent. Jack, tu es plus fort que ça. Il n'a pas tord. L'entendre est insupportable."Tout c'que tu sais de moi c'est c'qu'ont dit les médias et peut-être un dossier qu'on a déposé sur ton bureau un beau matin."

J'aimerais lui dire que j'en sais plus, que j'ai dépassé les mots décrivant le meurtrier que j'ai haïs. J'aimerais lui dire que j'ai décelé une passion sourde, un besoin plaintif d'exister au fond de ses yeux. J'aimerais lui dire que c'est Hannibal que j'ai devant moi, que le dossier est archivé, que lui ne le sera jamais.

Je me contente d'un silence lourd, de quelques bouffées de cigarette. Jack, tu vois, t'es lâche. J'aimerais qu'il se taise, qu'il cesse d'énoncer des vérités arrangées. Je pourrais le frapper, je pourrais serrer sa gorge de ma main jusqu'à ce que seuls de vains soupires n'en réchappent. Jack, réfléchis.

Il continue de parler, il ne s'arrête pas et l'alcool, s'il est présent, ne semble pas prêt de l'arrêter. Alors je termine mon verre et fataliste, j'accepte mon sort. Je me laisse sombrer dans ces abysses de paroles. Je me serais noyé si je ne venais pas de l'entendre appeler mon nom. "Quelle est ton histoire, Jack ?"

J'écrase ma cigarette sous ma chaise et pose les coudes à table avant de loger ma tête au nid de mes mains. Étrangement, plutôt que de s'emmêler encore, mes pensées folles se taisent. Je le regarde, une énième fois. Une énième fois, il me magnétise. Mon histoire...

Une ombre me hante aussi... Marie.

Je ne sais par quel miracle ai-je réussi à prononcer son nom. Marie. La plaie ne s'est jamais refermée et pourtant, la voilà apaisée d'être rappelée à l'ordre du jour, de ne plus être souvenir fuit. Hannibal, quelle magie exerces-tu sur moi ? Moi qui suis si lâche, moi qui n'en parle jamais, de mon histoire.

Je l'ai aimé, je l'ai brisé, elle est morte et jusqu'à récemment, je l'étais aussi.

Récemment, je l'avais découvert. J'étire mes jambes sous la table et veille à ne pas rencontrer les siennes. Je ne tiens pas à rallumer cette chaleur ô combien troublante qui me prend aux tripes dès qu'il y'a contact.

Avec elle, j'ai eu Aurore... mais Aurore, je ne la vois plus et c'est mieux ainsi.

Je m'arrête, j'en ai trop dis. Je sens le fond de ma gorge se perler de granules amer. Je sens les larmes approcher. Je ferme les yeux et doucement je cherche un bruit, une odeur à laquelle m'amarrer. Inévitablement c'est lui. Son souffle rauque et pourri d'ivresse. J'en ai assez.

Je reprends pleine conscience, ma voix contenance.

Je le met sur tes épaules, ce n'est pas une offre.

Je n'ose le dire, mon sort. Je suis tout de même lâche en fin de compte. Je ne tiens pas à m'épancher davantage sur mon passé, je lui préfère un présent aux effluves de rhum, aux sons d'animal enragé.

Et s'il faut que je te connaisse pour que cela t'accommodes, alors dis moi Hannibal. Dis moi qui se cache derrière ces jeudis tristes ? Dis moi qui se cache derrière ces poings tuméfiés ?

Ellen, la prison, le gang ? Comment les définir avec plus de mots que leur simple nom. Je veux savoir. Je veux l'atteindre. Si seulement il s'en apercevait, si seulement. Jack, tu te noies.

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Hannibal D-J Somerset
FONDATEUR // CHEF DU NORD

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2016-01-29, 04:16
we could run away
music – T'avais du mal à comprendre le sens de tous ces mots mais plus il parlait, plus tu pouvais comprendre les liens entre lui, Marie et Aurore. Une épouse décédée et une petite fille abandonnée, c'est à partir de ce moment-là où tu avais réalisé que tu ne faisais face qu'à la carcasse d'un homme. Jack n'était plus que l'ombre de lui-même et tu ne pouvais que ressentir sa douleur. Elle était différente, chaque mort était unique, mais tu comprenais. Tu comprenais l'abandon, le remord, le regret. Peut-être qu'alors Jack était ton ombre à toi. Ta carcasse. Ta seconde peau. Ton autre toi, ce reflet dans le miroir que tu vois tous les jours. Et pourtant tu ne pouvais pas oublier la flamme qui scintillait au fond de ses prunelles quelques jours plus tôt. Est-ce que tu l'aurais fait renaître de ses cendres ?
Pendant un court un instant, tu te sentais coupable d'avoir sans doute pris la place de son enfant, car depuis tout ce temps c'était  vers toi que le regard de Jack se tournait, c'était vers toi qu'il avait couru, c'est vers toi qu'il était aujourd'hui. C'était toi qu'il soutenait.
Et par-dessus tout, c'est sur ton dos qu'il remettait toute son existence.

Sur ces dires, tu avais bu. Tu avais bu, comme si tu n'étais pas assez ivre. Tu avais bu en espérant que cela soit la gorgée de trop mais ton verre s'était fini trop vite. Tu le regardais avec tristesse quelques secondes en te demandant pourquoi.

Alors dis-moi Hannibal.
Ton cœur se serrait. Tu savais que tu n'étais pas dans la capacité de mentir. Tu étais prêt à te mettre à nu devant lui, à lâcher toutes ses peines que tu avais terré dans un coin de ta tête en espérant qu'elles finissent par se dissiper, se faire ronger par le temps. Mais Jack les ravivait. Jack les ravivait comme il avait ravivé beaucoup de choses en toi en un si peu de temps.

« Ellen c'était... Prononcer son nom était si douloureux. Il te brûlait la gorge. une fille avec des grands yeux clairs. Un peu comme les tiens. Elle souriait tout le temps. Elle fumait beaucoup. Avant elle, j'ai toujours été nul avec les filles. Ca ne m'intéressais pas. Je me comportais comme un garçon et il m'avait fallu beaucoup de temps pour me comporter comme un homme. »

Tu ne parlais jamais de choses aussi futiles qui pouvaient concerner Ellen. Parler du jour du meurtre était moins agressif pour ton pauvre cœur, car tout ce qu'il te restait de cet instant c'était la vision d'un corps sans vie lynchant sur le sol. Mais quand tu contais le reste, c'était différent. Tu te rappelais d'elle comme d'un être humain.

« Je l'avais demandé en mariage il y a presque dix ans mais on avait pas beaucoup d'argent pour le fêter. On s'est contenté du statut de fiancés pendant un temps et ça nous suffisait, quelque part. Tu te frottais les yeux. Je ne m'étalerai pas sur le reste... Il y a des secrets que je préfère emporter dans ma tombe. J'en ai fait la promesse. Avouais-tu. Mes parents m'ont renié après mon passage au tribunal. Parce que je n'avais pas pleuré, parce que j'étais resté silencieux, parce que voir les photos de la scène de crime sur l'écran ne me faisait pas ciller. Et parce que j'ai plaidé coupable sans une once d'hésitation. »

Tu riais, te moquais de toi. « Mon bras-droit m'a sauvé de la prison. On se connaît depuis toujours. Et mon cadeau de bienvenue fut le Nord. » Tout ça sonnait comme une histoire à dormir debout, et pourtant tout était vrai avec sa part de mystère.

Ton calme déconcertant s'était volatilisé en un quart de seconde. Tu avais balancé la table sur le côté et tu t'étais levé d'un bon. Tu t'approchais de Jack dangereusement en le poussant, le fracassant contre le mur. Tes doigts s'entremêlaient dans le tissu de son vêtement, ta hanche heurtait la sienne pour le maintenir avec plus d'équilibre – ou plutôt était-ce toi qui cherchait à ne pas chuter. Ton souffle s'écrasait contre son visage puis ricochait sur le tien. « Qu'est-ce que tu fous là, Jack ? Tu accentuais son nom, cela semblait devenir une habitude. J'suis pas juste un moyen pour toi de fuir tes responsabilités ? Ta gamine, elle doit souffrir. Non, c'est certain. Elle souffre. Elle souffre et elle en souffrira toute sa vie. Toi t'oublieras tout, jusqu'à son nom. Elle, elle ne se souviendra pas de ton visage non plus, ni de qui tu étais. Elle se rappellera seulement de la lâcheté de son père. Tu étais en colère et tu ne saurais dire pourquoi. Peut-être par jalousie alors que tu n'avais jamais voulu d'enfant. Peut-être que tu jalousais le fait qu'il y avait quelqu'un de mieux que toi pour réanimer la flamme en lui. Quelqu'un de plus tendre, plus humain. Mais t'es là, à chercher à savoir qui j'suis. Tu mériterais que je démonte ta mâchoire. »

Encore des mots que tu ne te serais pas permis de prononcer si la liqueur ne faisait pas son effet. Les clients autour s'étaient alors mutés, les yeux rivés sur vous. Certains murmuraient quelques interrogations et tu ne le lâchais pas. Tu contenais le contact que Jack semblait tant fuir, tu contenais le regard que Jack ne semblait pas assumer.



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Carbone
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2016-01-29, 16:03


HOW WE CREATED OUR LINK

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Je regarde autour de moi tandis qu'il me parle d'Ellen. Je n'arrive pas à soutenir son regard et la peine qui se cache dans le timbre de sa voix m'accule vers plus de lâcheté encore. Pourtant je la ressens. Elle me glace mais me réchauffe également. Ses mots sont lourds de chagrin mais il me les livre. Ses souvenirs l'accablent, mais il me les confie.

Peu à peu, ses paroles peignent le tableau de ses jours d'antan dans mon esprit et je l'imagine jeune. Hannibal, comment étais-tu jeune ? Tel que je le représente à l'instant dans les décors qui s'implantent en moi ? Souriant et aux bras d'Ellen, heureux et loin des affres de notre présent. "Parce que je n'avais pas pleuré, parce que j'étais resté silencieux, parce que voir les photos de la scène de crime sur l'écran ne me faisait pas ciller. Et parce que j'ai plaidé coupable sans une once d'hésitation." Quel secret se cache derrière ces vérités au profil de mensonges ? Hannibal. Il n'est pas un meurtrier, je le sens, je le lis dans ses yeux. Alors pourquoi s'est-il condamné ?

Ses yeux qui tranchent d'avec cette hilarité aux airs de punition. Je m'apprête à lui répondre mais il ne m'en laisse pas le temps. Qu'aurais-je répondu de toute manière ? Comment pourrais-je panser des années de chagrin ?

La table rencontre le sol, nos verres se brisent et sans que je puisse y faire quoique ce soit, je me retrouve au mur. "Qu'est-ce que tu fous là, Jack ?" Mon coeur s'arrête. J'étouffe. J'ai beau fermé les yeux, il reste là. J'ai beau implorer mes membres de bouger, j'ai beau souhaiter fuir, je n'y arrive pas. "Ta gamine, elle doit souffrir. Non, c'est certain. Elle souffre." J'étouffe. Mes mains tremblent, mon ventre se noue. Qu'il se taise, qu'il s'arrête... Ma bulle de verre se fend, je me sens partir. Hannibal, tais toi.

Je serre les dents, les poings mais rien n'y fait. Elle monte, sinueuse et reptilienne amie. Elle monte jusqu'à ma gorge et réveille à son passage mes nausées. Tristesse, va t'en. Emporte mes remords. Emporte mes mémoires et laisse moi me noyer. "Elle se rappellera seulement de la lâcheté de son père." Il la ranime. Il la réveille. Hannibal, tais toi.

J'ouvre les yeux et je vois les siens emplis de rage. Son souffle se perd sur ma peau qui se pare à nouveau d'épines. Je regarde ses lèvres. J'aimerais les coudre. Hannibal tais-toi. J'aimerais les ... J'aimerais les... Je vacille. Jack, ta bulle de verre est brisée. Mes pensées sont à l'égal d'un orage. Ce contact que je fuis, il me l'impose. Ce passé duquel je m'évade, il m'y enchaîne. "Mais t'es là, à chercher à savoir qui j'suis. Tu mériterais que je démonte ta mâchoire."

Je n'arrive pas à parler. Jack, tu es libre, fais le. Sa hanche contre la mienne ravive la douleur de notre premier jeu dans la plaine. Je n'arrive pas à me défaire de lui. Jack, sois franc. Je ne veux pas me défaire de lui.

Je saisis l'un de ses bras et amène sa main vers ma joue, déjà son ombre la couvre mais je me ravise. Mes nausées reviennent. Je la glisse vers ce pli d'où s'arrête ma gorge et commence ma mâchoire. Sa paume contre ma jugulaire m'arrache un premier sanglot, étouffé, sourd, invisible. Je ne lâche pas son poignet, je le sers davantage pour que cette main que je viens d'apposer en corde, en bourreau, m'étrangle. Je le défis d'un sourire amer. C'est alors qu'une pensée se détache de l'orage, ses mots. "Ellen c'était... une fille avec des grands yeux clairs. Un peu comme les tiens." Mon sourire disparaît. "Un peu comme les tiens." Mon coeur s'arrête. Jack, ne sois plus lâche.

Hannibal, je ne fuirais plus. Ses prunelles, je m'y noie enfin sans regrets. Tu as gagné. Je lâche prise. Mon corps entier lâche. Je libère son poignet et mes larmes au même instant. Tu as gagné. Mes démons me submergent. Je racle ma gorge, j'ai peine à trouver mon souffle. Ma voix se perd en sanglots sourds.

Jamais je n'oublierais son nom. Jamais je n'oublierais son visage... J'aime Aurore, bien plus que ma vie. Mais j'ai si honte Hannibal, si honte. Je n'arrive pas à la regarder sans voir le visage de Marie, sans voir mon échec. Je lui ai pris sa mère et je ne suis même pas capable de l'en consoler.

Ma respiration se saccade.

Hannibal... Regarde moi, je suis un lâche rongé par ses regrets. Comment pourrais-je prétendre une seule seconde être digne de ma fille ? Comment pourrais-je la consoler dans en étant dans cet état ?

Je ne fuirais pas.

Et toi. Toi que j'ai haïs plus que tout autre... De tous les démons que j'ai, tu étais le pire, tu étais le seul que je voulais tuer et non fuir. Tu me renvoyais à la face mon sentiment de culpabilité et tous mes échecs. Mais il a fallut que tu me sauves d'un train pour que je comprenne mon erreur. Pour la première fois depuis longtemps, dans cette plaine, je me suis senti vivant.

J'esquisse un sourire, pâle et sans envergures.

Et si tu es parvenu à rallumer cette flamme en moi, alors peut-être qu'un jour je pourrais faire face à Aurore. Peut-être qu'un jour je pourrais lui demander pardon et effacer ses malheurs. Mais je suis égoïste Hannibal, je veux que tu continue d'entretenir cette flamme.

Et je veux continuer de voir la sienne...

L'orage se dissipe, mes pensées s'en vont, mon esprit se vide. Je me dégage de son emprise sans plus le regarder et essuie d'un revers de manche les larmes roulant sur mes joues. Je ramasse la table et les chaises, les remet en place. Le silence règne. Je m'assieds et sors une cigarette de mon paquet. Jack, tu t'es noyé, mais tu n'es pas mort .


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Hannibal D-J Somerset
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2016-01-29, 17:14
we could run away
music – Ta main avait fini sa course hésitante contre sa gorge mais tes doigts refusaient de serrer leur étreinte. Pourtant le regard de Jack te disait vas-y, fais-le, arrache moi la vie, détruis-moi pour de bon. Est-ce que tu étais prêt à devenir l'assassin de Jack ce soir ? Ta bouche s'était entrouverte et tu n'avais pu que sortir quelques sons à peine audibles. Tu voulais parler, lui dire d'arrêter, mais les mots restaient coincés dans le fond de ta gorge – ou peut-être que non. Peut-être qu'ils ne voulaient juste pas sortir de ton cœur. Mais il avait fini par te relâcher de ce terrible dessein. Le sol était prêt à se dérober sous tes pieds, tes jambes tremblaient et tu savais qu'ce n'était pas l'alcool. Tu savais que c'était la peur de l'instant et enfin le soulagement.
Jack avait versé quelques larmes. Elles dégringolaient le long de ses joues et ça t'brisait. Ca t'brisait parce que tu te sentais fautif. Et si tu avais été sobre, ce soir, et si, et si, et si... Ta vie ne se résumait qu'à des et si. Tu vivais dans la perpétuelle illusion, le fantasme, oubliant d'agir dans l'instant même. Arraché, brisé, il se confiait à toi une nouvelle fois. Il ouvrait son cœur et ses tourments, il te les offrait. C'était à toi de les saisir.
À toi de saisir l'occasion et de n'plus la laisser t'filer.

Hannibal... Regarde moi, tu n'avais pourtant pas quitté ses yeux depuis le début, je suis un lâché rongé par ses regrets. Mais maintenant, si seulement tu avais eu l'idiotie de baisser la tête, tu l'aurais sans doute fait. C'était pourtant tes mots, ceux que tu lui avais craché à la figure quelques minutes plus tôt. Y faire face ainsi te secouait, c'était vrai. C'était poignardant.
D'après lui, Aurore pouvait bien attendre. C'était bien là que tu n'étais pas d'accord : un enfant n'attend pas. Tu étais plutôt heureux d'avoir eu les tiens pendant toutes ces années. Leur absence était parfois douloureuse à l'instar des souvenirs ensoleillés que tu partageais avec eux. Tu préférais cette situation plutôt qu'une autre, plutôt que d'avoir été abandonné dès le début. Car si ce cas de figure avait été véritable, tu n'aurais pas eu les épaules pour survivre face à ce monde, tu t'serais collé un canon contre la mâchoire pour te faire exploser la cervelle. Mais ils t'avaient offert le désir de vivre, d'être digne, de porter leur nom. Et même aujourd'hui... Même aujourd'hui, tu cherchais à raviver le nom des Somerset. Mais je suis égoïste Hannibal, je veux que tu continue d'entretenir cette flamme.

Puis il s'écartait.
Dans ton dos, il se rasseyait et grillait sa cigarette. Tu pouvais l'entendre. Tu étais comme un fauve à l'affût des moindres faits et gestes de sa proie. Tu serrais les poings, baissais la tête. Tu restais dans son ombre et tu espérais pouvoir disparaître, te fondre dans le décor, mais en vain. Tu ne pouvais pas fuir.

« Tu te trompes. Entamais-tu. Elle a besoin de toi maintenant. Lâche ou fort. Pas quand elle sera adulte et qu'elle se sera habituée à ton absence. »

Tu pivotais vers lui et lorsque tu le voyais à nouveau, tu avais envie de rire. Tu avais envie de rire parce que tu serais capable de reconnaître sa silhouette entre mille, même de dos.
Tu encerclais son visage de tes mains, ça avait peut-être dû le surprendre, tu n'étais pas familier à de tels contacts. Puis doucement, tu lui balançais sa tête vers l'arrière pour qu'il te regarde. Tu n'arrivais pas à t'en détacher, de ces yeux verts.

« Si tu me fais confiance pour entretenir la flamme dont tu parles, alors fais-moi aussi confiance quand je te dis que le regretteras si tu ne mets pas ta fierté de côté pour elle. C'est tout ce qu'il te reste. Parce qu'un jour je ne serai plus là. Et elle, elle t'accompagnera jusqu'à la fin de tes jours. C'est ton enfant. »

Tu souriais, un peu tristement, avant de relâcher ta prise. Au même moment, tes jambes furent comme coupées. Tu te laissais tomber sur le sol et te tenais la tête. Ca y est, la revoilà. L'ivresse. « Je crois que d'ici quelques minutes je ne serai plus moi-même ahah... »

Car oui, tu étais étonné d'avoir lutter tout ce temps.



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Carbone
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2016-01-29, 18:42


THE WAY WE LOOK AT EACH OTHER

carbone x hannibal

Je me sens étrangement léger, agréablement vide. Seule la fumée emplissant mes poumons me donne contenance. Je me sens bien. Jamais je n'aurais su prévoir qu'en me noyant corps et âme dans ses yeux, je trouverais un semblant de paix. Jamais je n'aurais cru être capable de délier ma voix et de jeter à ses pieds tous mes démons. Je me sens mieux.

Dans mon ombre je l'écoute et perçois son empathie. Mon coeur se serre à ses mots et je ne peux faire autrement que sourire. L'empathie... J'ai cru l'avoir perdu sous la masse de ces émotions qui me consumaient. J'ai cru m'en être acquitté à jamais. Mais je l'ai retrouvé, j'ai éprouvé sa peine et bu sa douleur. Et voilà que les rôles s'inversent une énième fois. Il boit la mienne. "Tu te trompes. Entamais-tu. Elle a besoin de toi maintenant. Lâche ou fort. Pas quand elle sera adulte et qu'elle se sera habituée à ton absence."

Ces mots qui se seraient, une heure plus tôt, fracassés contre ma bulle de verre pénètrent doucement en moi. Je m'en imprègne, je les élude, les digère. Depuis combien de temps n'avais-je pas eu si chaud ? La manière dont il me parle est un baume. Plus de glace ni de poignard, plus d'épines, plus de fuites. Mon sourire demeure et Aurore frappe doucement à la porte de mon esprit. J'entend son rire doux comme le caramel, ses cheveux blonds, ses petites mains. Mon coeur s'étrangle. Regarde ce que tu m'as fais Hannibal.

Je veux me retourner, le voir. Or il est un fait inaltérable dans ce monde contre lequel je ne peux me battre : son imprévisibilité. Hannibal... Alors qu'il me saisit de ses mains le visage, je retrouve la profondeur de ses iris. Aurore, je l'y vois. Marie, je l'y vois. Une seconde fois, je plonge et cherche la noyade. Regarde ce que tu m'as fais Hannibal.

J'ose poser ma main sur l'une des siennes mais la peur est encore là, la gêne aussi. Quelques secondes et je brise ce contact pour le regretter ensuite. Je prend conscience alors que seules les pensées que j'ai à son égard, celles que je ne peux ni comprendre, ni traduire, demeurent emmêlées. Les autres sont parties, pourquoi celles-ci non ?

"C'est ton enfant." Je ferme les yeux. Je m'en veux qu'Aurore ait disparue, ce bref instant, au profit de ces pensées que je ne comprend pas. Elle m'appelle pourtant et je la vois courir, me sourire. "Papa". Une larme s'échappe... je pensais pourtant les avoir toutes versé.

Je te fais confiance...

Que pourrais-je dire de plus ? Lui dire qu'il a raison ? Il a raison. À quoi bon l'énoncer clairement. Ces quatre mots là, à eux-seuls portent le poids de mes erreurs. Aurore me manque.

Ses mains glissent, il tombe. L'ivresse l'a rattrapé, la fatigue de notre échange aussi. "D'ici quelques minutes je ne serai plus moi-même". Je souris et me lève. Un instant je le regarde, un instant je capture son image. Hannibal. Je m'accroupis face à lui et cède à ce que j'ai le plus fuis jusqu'à lors.

J'entoure son dos de mes bras et pose ma tête à l'angle de sa nuque. Il a chaud, ses cheveux sentent le rhum. Je pourrais le serrer jusqu'à l'étouffer mais je n'en fais rien. Cette étreinte que je lui offre me tétanise. Cette étreinte que je m'offre me ronge d'angoisse. Je ne me l'explique pas mais je tiens bon. Je ne lâche pas.

Alors je vais te le dire tant que tu es toi-même... Merci.

La seconde qui suit je me relève et l'amène à faire de même. L'angoisse a prit le dessus. Je l'installe sur sa chaise et reste un moment à l'observer de peur qu'il ne tombe à nouveau. Mon besoin de nicotine revient et je sors une seconde cigarette. Tandis qu'elle brûle comme une cloque entre mes doigts, je fais signe au serveur de venir.

Encore un verre ou dois-je te coucher ?

La malice revient se pendre à mes lèvres. Le malaise se dissipe, le silence redevient l'hôte de mon crâne. Demain, j'irais voir Aurore.

Jack, tu es le roi des montagnes russes.

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Hannibal D-J Somerset
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2016-01-29, 20:00
I'm the fury in your head
musicMerci.
T'as  l'impression de rêver. Il te  dit merci, à toi ? Il te  dit merci pour l'avoir brisé, secoué, frappé, descendu ? Il te dit merci pour l'avoir transformé en chasseur ? Ou te dit-il merci parce que je crois en lui ? Il y a ses bras autour de toi, sa tête dans le creux de ta nuque. Tu sens sa respiration effleurer ta peau. C'est chaud, c'est agréable. Combien de temps depuis ta dernière étreinte... ? Assez pour avoir la sensation de découvrir la chaleur d'un corps, la douceur de la peau, la caresse d'un souffle. Tu fermes les yeux. Qu'est-ce que tu pourrais donner pour que cet instant dure encore un peu plus. Jack.
Il ne quitte pas ta tête. Il est toujours là. Ce n'est plus un démon, ce n'est plus une obsession, c'est plus fort que ça. C'est ta psychose. L'ivresse a beau te frapper de plein fouet, tu sais que ce moment n'a duré que quelques courtes secondes, peut-être huit tout au plus. Tu sais que tu en veux plus. Tu sais que tu en veux encore. T'as envie de serrer son vêtement et de le ramener vers toi tandis qu'il te soulève comme s'il avait toujours eu coutume de le faire auparavant. T'as envie d'un milliard de choses mais qu'il ne te lâche surtout pas.

T'es pourtant plus en position de demander quoi que ce soit. Tout c'que tu peux faire, c'est d'laisser tomber l'épave que tu es. Te laisser aller, fermer les yeux en espérant être demain. C'est d'ailleurs ce que tu te fais. Tes paupières s'abaissent et tu prends ta respiration, lentement. On te propose un dernier verre. Tu hésites. Ton cœur te dit que non. Tu fais un geste maladroit de la main pour montrer que tu en as fini pour ce soir. T'es pourtant pas arrivé à tes limites mais tu ne veux pas que Jack te vois ainsi davantage. Tu veux pouvoir courir devant lui, tu veux pouvoir lui montrer tes poings sans tanguer. Tu veux pouvoir le regarder dans les yeux sans avoir envie de le serrer contre toi.

« Je n'ai pas besoin de qui que ce soit pour me coucher. »

Toi-même tu n'y crois pas.
Tu te relèves et ça t'a semblé être l'effort le plus insurmontable de la soirée. « Je vais marcher jusqu'à chez moi, ça va me désao- »

Bam.
Tu as failli. Tu t'es maladroitement rattrapé contre le comptoir sous l'oeil agacé du barman et des clients. Tu es étonné de ne pas encore avoir été mis dehors.
Tu fixes la sortie. Elle te semble si loin et si effrayante. Il fait sombre à l'extérieur, et froid. Le chemin de la maison est désordonné dans ta tête.

Honteux, tu baisses la tête et tu la caches dans ta grande main tandis que tu te sers de l'autre pour la tendre vers Jack. Tu n'as pas d'autres choix ce soir. Aide-moi, s'il te plaît.

J'ai besoin de toi.




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Carbone
COLONEL // PREDATOR

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2016-01-30, 00:39


THE WAY WE LOOK AT EACH OTHER

carbone x hannibal

Au vu des élucubrations primaires qu'émet Hannibal quant à un autre verre, je me ravise même de lui proposer de l'eau. Or, en ce qui me concerne, j'ai encore soif. Alors lorsque le serveur, bien qu'à une distance raisonnable de sécurité, s'approche, je lui commande une autre bière. C'est en le voyant partir le pas pressé que je comprends à quel point notre petite scène précédente avait attiré l'attention. Certes et fort heureusement, les clients se comptent sur les doigts d'une main. Toujours est-il que depuis, et je le remarque, ils jettent de réguliers coups d'oeil en notre direction. Dans une certaine mesure, plus que cela ne me gêne, cela m'agace.

Alors que ma bière cogne du talon la table, je lève les yeux vers Hannibal. J'aurais dû faire comme lui, ne rien commander et filer plutôt que de cultiver une frustration à l'encontre du bar. Il vacille, tangue et fais de sa chaise un océan bien agité, si tant est qu'il fut un bateau... Un bateau de rhum. Je souris, embarrassé de ma comparaison idiote. « Je n'ai pas besoin de qui que ce soit pour me coucher. » J'hausse un sourcil, aucunement convaincu de sa déclaration.

J'avale quelques goulées de mon verre, pressé d'en finir et l'observe jouer les funambules sur le parquet. Si j'écoute à peine ce qu'il me dit au moins je ne le quitte plus des yeux. Tandis qu'il se raccroche au bar, je soupire d'exaspération et me lève. Hors de question de le laisser rentrer seul.

Pourtant je m'arrête. Non pas du fait que je venais de renverser ma bière en bousculant la table, non pas du fait que le barman grommelle à mon égard. Je m'arrête à sa main tendue. Il demande mon aide. Mon coeur loupe un battement. Je le fixe, déconcerté. Je l'aurais aidé qu'il le veuille ou non mais qu'il me le demande... Cela me procure un étrange et agréable sentiment. Suis-je seulement flatté ou est-ce plus ?

Pas le temps de s'attarder sur la question. J'atteins le bar en deux enjambées à peine et m'excuse d'un bref mouvement de tête pour la gêne occasionnée au près d'un barman courroucé. Qu'il ne soit que courroucé relève du miracle... Je me tourne vers Hannibal. Il est dans un piteux état.

Passe ton bras autour de moi, je t'emmène chez moi.

Je ne lui laisse ni le choix, ni le temps de répondre et m'attèle à le soulever. Je passe un bras autour de sa taille et de ma main libre tire la sienne qui pend au dessus de mon épaule. La belle équipe... Il pèse son poids et c'est une chance pour mon dos et mes jambes que mon appartement ne soit pas à mille lieues de ce bar.

Nous sortons et l'air froid nous gifle de plein fouet. Machinalement je m'enfonce un peu plus dans le col de ma veste. Machinalement - vraiment ? - je colle Hannibal un peu plus à mes flans. Son pas et lourd, marcher ainsi est difficile mais... Puis-je vraiment me plaindre ?

D'une certaine manière je me sens heureux et j'en ai le sourire jusqu'aux oreilles. Heureux. J'étouffe un rire. Jack, l'enfant. Je devrais être envahi de gêne, d'angoisse quant à l'idée de l'avoir sur les bras, dans les bras... mais ce n'est que pour l'aider à marcher, alors un malaise n'est pas envisageable. Bien sûr que non. Je n'ai pas de quoi m'agiter. Évidement que non. Jack, tu te caches derrières tes excuses.

Depuis cinq minutes que nous marchons - ou tentons de le faire - mon sourire demeure. J'ai peine à croire qu'il soit si coriace et pourtant il l'est. Cela fait si longtemps que je ne me suis pas senti si léger, si serein. Pour un moment à peine je lâche le poignet ballant de mon plaisant fardeau et extirpe une cigarette de ma poche. Ma main regagne sa prise et la clope mes lèvres.

La fumée s'élève au dessus de nous en prenant des formes oblongues et sinueuses. Je les regarde pensivement et songe à l'improbable soirée que nous vivons. Le silence règne entre nous cependant qu'autour de nous, ce sont les bruits de la nuit qui gouvernent.

Les minutes passèrent comme neige fond au soleil et nous arrivons enfin au seuil mon appartement. La porte grince à notre entrée et claque ensuite mollement derrière nous. Je me rappelle alors de l'ascenseur en panne et perd mon sourire au profit d'un soupire contrarié.

Accroches-toi bien, nous allons prendre les escaliers.

L'escalade se fait tout autant hasardeuse que dangereuse. À deux reprises je manque de tomber et d'entraîner Hannibal dans ma chute. Lorsqu'enfin je peux refermer la porte de mon logis derrière nous, mon sourire revient. Jamais encore je n'avais amené quelqu'un ici, jusqu'à ce soir. Hannibal, regarde ce que tu m'as fais.

Sans perdre de temps, je le conduis à ma chambre et me défais de lui en le posant sur le lit. C'est seulement à ce moment que je me permets enfin de me mettre à l'aise et d'ôter chaussures et veste. Je le laisse derrière moi, peu inquiet à l'idée qu'il puisse tomber du lit, et m'en vais ranger mes affaires dans le couloir.

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Hannibal D-J Somerset
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2016-01-30, 01:03
The Best Things in Life are Free
music – La route t'avait semblé sur rapide. L'alcool te fait perdre la notion du temps. Des heures deviennent des minutes. Tu n'as plus aucun contrôle sur toi, sur ce qui t'entoure. Tu as la tête basse et tu traînes tes pieds. Marcher se relève plus difficile que tu ne le pensais. Tu n'oses qu'à peine accepter le soutien de Jack, mais plus tu enchaînes les pas, plus il te serre contre lui. Tu fermes tes poings, tu te mords la lèvre, tu as du mal à respirer, à voir. Tu es fatigué, tu veux tomber, dormir au milieu de cette rue et tant pis pour le reste. Il se fait griller une cigarette. Tu l'observes du coin de l'oeil et ça te fait sourire. Décidément, il ne s'arrête jamais. Peut-être même que tu commences à apprécier ces mauvaises manies qui te rebutent chez les autres.
Peut-être même que tu commences à l'apprécier tout court.
Jack n'a plus rien d'un visage sur lequel tu as du mal à coller un nom. Jack n'est plus un étranger. Jack est... Jack. Ce drôle de type avec les cernes brunes, ses beaux yeux et sa lâcheté à couper le souffle.

Les lumières défilent dans la pénombre puis, tout à coup, ça s'arrête. Tu redresses le bout de ton nez et découvre une cage d'escalier. Nous allons prendre les escaliers. Tu lâches un râle agacé et le suis sans trop pouvoir rétorquer davantage. Tes chevilles sont en mousse, tes jambes semblent incontrôlable et tu te sens si lourd. Tu n'es pas en mesure de plaindre Jack, tu le feras sans doute demain.
Puis tu ne te souviens plus trop du reste. Tu t'es évanoui sur le lit quelques secondes, les bras écartés et la bouche entrouverte. Lorsque tu reviens à toi, tu te frottes le visage.

« Jaaaaaaack... »

Tu te remets en position assise avec un sourire moqueur sur le coin des lèvres. Cela te donne une tête étrange avec ton regard habituel ; nonchalant, ennuyé. « Ca y est, tu peux plus te passer de moi, t'es obligé de m'amener à ton appart ? »

Tu te lèves. Tu ne sais pas pourquoi, mais tu te lèves. Tu es idiot, tu sais très bien que tu ne peux pas marcher correctement. Et la preuve en est : tu t'effondres dans les bras de Jack après l'avoir retrouvé dans le couloir (Somni c'est pour toi). « Oups. Tu reprends : franchement j'espère que c'est pas un coup foireux pour me foutre tes putains de menottes. Parce que de un je te fous un coup de boule sinon, de deux ça serait super bizarre et je tape pas là-dedans, ok ? »

Tu n'es pas vraiment embêté à l'idée de rester ici le temps de te requinquer. Tu aimes ta vieille baraque mais un peu de compagnie n'est jamais de refus.
Tes mains prennent appui contre son torse avant d'aller s'accrocher à ses épaules. Puis enfin tu t'écartes. Tu t'écartes et tu trouves refuge contre le mur. Tu espères avoir tout oublié d'ici demain. Si tu pouvais te frapper, tu le ferais, pour sûr.

« Appelle un taxi... Je veux pas t'emmerder. »

Souffles-tu.



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Carbone
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2016-01-30, 01:45


THE WAY WE LOOK AT EACH OTHER

carbone x hannibal

À peine ai-je le temps d'accrocher ma veste au porte manteau que déjà mes oreilles sont assaillies. Je me passe une main dans les cheveux plutôt que de soupirer une énième fois. C'est que je suis presque exaspéré d'entendre mon nom ainsi hurlé, presque. Hannibal, saoul chez moi. Si j'avais su en me levant ce matin que je devrais l'héberger dans un tel état, j'aurais ris en pensant à une mauvaise blague.

Évidement et un tantinet inquiet, je reprend la route de ma chambre. "Ca y est, tu peux plus te passer de moi, t'es obligé de m'amener à ton appart ?" Je ferme les yeux, maudissant intérieurement ses verres de rhum et implorant ma patience de rester entière. J'espère au moins qu'il ne s'est pas échoué au sol.

Au moment où je m'apprête à entrer, mon chat m'attaque les pieds. Crapule... Je l'avais presque oublié, j'ai honte. La boule de poils noire ci-nommée s'attaque à mes pieds avec acharnement - sa manière habituelle de crier famine. Je le pousse légèrement sur le côté, n'osant le gronder à voix haute de peur qu'Hannibal m'entende. Je blêmis... J'en serais... gêné ? Ah mon pauvre Jack, tu as la cervelle en compote.

Sur cette litanie à mon sort, Monsieur débarque. Je ne le soupçonnais pas d'être encore capable de marcher. Et je soupçonnais bien. Je n'ai pas le temps de lui sommer de retourner se coucher qu'il tombe dans mes bras. Je manque de basculer en arrière, surpris par le choc et surtout son poids.

Hannibal...

Je fronce les sourcils, excédé par son remue-ménage. N'empêche que je rougis et je le sens. Je sens mes joues devenir plus rose que je n'y tiens. Ne peut-il se taire plutôt que de me dire de telles... de telles... Hannibal, imbécile ! Je râle. Impossible de cacher ma gêne, impossible de le lâcher. Quel empoté ! Rien que de l'imaginer avec des menottes après cela me donne la migraine. Quel idiot !

Si au moins il ne plaquait pas ses mains sur mon torse, que je puisse réfléchir calmement sans avoir à faire au propre remue-ménage de mes folles pensées ! C'est de soulagement que je soupire lorsqu'il s'éprend du mur. "Appelle un taxi... Je veux pas t'emmerder."

Hannibal, il est hors de question que tu quittes cet appartement dans ton état actuel. Tu ne m'emmerdes pas mais si tu continues à te plaindre de le faire, je te colle un bâillon sur la bouche.

"Je tape pas là-dedans"... Bâillon... Je me sens partir, livide. Il m'énerve, il... Adieu raison, bonjour pagaille. Rien que de relier cette pensée au s... à la chose... me donne le tournis. Comme si je pouvais songer ne serait-ce qu'une seule seconde à cela. Je n'ai pas fuis les relations humaines sans fuir l'acte charnel également. Mais à quoi je pense ? Ah putain, merde, Jack, fais le vide !

Pour ne rien arranger, Crapule s'en mêle. Vexé du peu d'attention que je lui porte il jette son dévolu sur Hannibal. Quel ingrat, quel traître ! Voilà qu'il ronronne pour ses beaux yeux.

Tu partiras quand tu auras dessaoulé. Va te coucher, je t'apporte de l'eau.

Je toise un instant mon vil félin et si je n'étais pas si fâché, je me laisserais attendrir. Crapule n'est pas aussi avare de câlins en général. Hannibal est spécial, pas vrai ? Hannibal m'énerve. Non. Je m'énerve. Je lui tourne le dos, la mâchoire crispée, le coeur anormalement agité et pars pour la cuisine.

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Peaux d'épines - Hannibal.
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